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Togouna News
17. mai
2015
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Internet: Orange-Mali pratique des débits nuls

Face au développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication, les besoins en connexion internet s’accroissent partout dans le monde. Au Mali, petites et moyennes entreprises se plaignent du ralentissement de leurs activités dû au faible débit offert par les fournisseurs d’accès à internet; or, elles ont besoin d’une connexion permanente, illimitée et à haut-débit afin de garantir leur compétitivité sur un marché de plus en plus mondialisé. Pourquoi l’offre ne suit-elle pas? Enquête…

 
Au Mali, un seul opérateur (la société « Orange-Mali ») détient 96% du marché de l’internet fixe. Sa unique concurrente, Sotelma-Malitel, handicapée par les pesanteurs bureaucratiques du départ, n’a pu acquérir les moyens techniques de fournir des services qualitativement acceptables… Profitant de sa position de quasi-monopole, Orange-Mali ne fait rien pour améliorer la connexion internet. Le débit maximal proposé aux usagers est de 384 kilobits pour un prix de 36.000 FCFA par mois. Ce débit n’a pas été augmenté depuis 2009! Le prix n’a pas non plus été réduit depuis 2010 ! A ce débit et à ce prix, le Mali est l’un des pays africains où la connexion est la plus faible et le plus chèrement facturée. Notre pays ne devance, en fait, que la Guinée-Conakry, qui plafonne à 256 kilobits, et le Niger qui plafonne à 384 kilobits vendus à 83000 FCFA par mois. En revanche, au moment où le Mali vend 384 kilobits à 36. 000 FCFA par mois, le Sénégal offre jusqu’à 1 mégabit (le triple du débit malien) à seulement 29. 900 FCFA par mois. En Côte d’Ivoire, les utilisateurs bénéficient d’un débit de 512 kilobits au prix de 31. 000 FCFA par mois. En Mauritanie, les 384 kilobits sont facturés à l’équivalent de 6.950 FCFA, soit 5 fois moins cher qu’au Mali. En Algérie, pour l’équivalent de 9.980 FCFA par mois, vous avez 512 kilobits. Au Ghana, les 512 kilobits sont vendus à l’équivalent de 37.187 FCFA par mois.

 
Orange-Mali offre, certes, des connexions allant de 1 à 2 mégabits, mais le prix est hors de portée de la majorité des usagers: il atteint 300 000 FCFA par mois. Ces connexions s’adressent essentiellement aux services de l’État, à certaines ONG et grandes entreprises. Malgré ces prix exorbitants, les débits proposés restent ridicules en comparaison de ceux pratiqués au grand public dans d’autres pays. Or, la rapidité du débit conditionne le progrès économique des entreprises. Un haut débit, c’est moins de temps perdu et la possibilité de faire plusieurs opérations simultanément: envoyer, par exemple, un fichier lourd tout en continuant de travailler sur l’ordinateur (recherches de fichiers, envois d’email, saisie, etc.). Le haut débit permet aussi d’accéder rapidement au contenu des vidéos et de télécharger vite diverses applications.

 
Selon nos sources, en ne faisant rien pour améliorer la connexision internet proposée au grand public et qui passe généralement par l’appeil « Livebox », Orange-Mali veut obliger ses clients à migrer vers la connexion mobile: la « Flybox ». La Flybox offre en effet un débit beaucoup plus haut et rapide, mais le prix est beaucoup plus cher que la connexion Livebox. Du coup, quiconque acquiert la Flybox enrichit davantage Orange-Mali. Renaud Gaudin, un expert en connexion internet que nous avons interrogé, explique qu’Orange-Mali utilise, en matière d’internet, la technologie WiMAX (BLR), avec des équipements de marque Alvarion qui limitent la qualité et la vitesse du débit fournis aux clients à 70 mégabits. Bien que cette technologie soit aujourd’hui dépassée, elle offre à Orange-Mali une marge d’augmentation du débit: l’actuel débit peut être multiplé par 186 ! Pourquoi Orange-Mali n’opère-t-elle pas cette augmentation ? Pressée de questions par l’association « Mali 100 Méga », qui se bat pour l’augmentation de la qualité de l’internet au Mali, Orange-Mali a tenu, mercredi 6 mai 2015 à son siège, une rencontre avec les responsables de l’association.

 

Au cours de la rencontre, Orange-Mali a déclaré que son débit est faible à cause du fait qu’elle utilise le réseau de connexion 3G. Ce réseau est, selon Orange-Mali, saturé; pour augmenter le débit, il faut, aux dires d’Orange-Mali, passer au réseau 4G dont l’accès n’aurait pas, jusqu’à présent, été autorisé par l’Autorité Malienne de Régulation des Télécommunications (AMRTP). Pourquoi ce refus de l’AMRTP? Orange-Mali prétend ne pas y trouver d’explication et affirme avoir vainement adressé une demande d’accès à l’AMRTP. Mais des sources indépendantes estiment que l’accès au réseau 4G ne peut être autorisé qu’après une coûteuse étude et le paiement par Orange-Mali d’une somme très élevée qui pourrait frôler les 100 milliards de FCFA. On soupçonne Orange de fuir des investissements de cette taille…

Les prix pratiqués par Orange-Mali sont trop élevés pour la bonne raison que cette entreprise achète une bande passante (canal qui transporte le flux internet) auprès d’Orange-Sénégal et Orange-Côte d’Ivoire. Les prix auraient été beaucoup plus faibles si Orange-Mali acquérait pour de bon sa propre bande passante, ce qu’elle n’a pas fait jusqu’à présent malgré ses bénéfices colossaux (250 milliards de FCFA en 2014). En effet, la bande passante constitue la majeure partie du coût de la connexion par l’utilisateur final. un regroupement d’utilisateurs En tout cas, les arguments d’Orange-Mali ne convainquent nullement l’association « Mali 100 Mega » qui ne comprend pas qu’un seul opérateur capte la quasi-totalité du marché et cesse toute évolution pendant plus de 5 ans. « Nous avons interpellé, le 21 avril 2015, l’AMRTP, le Ministre de l’Économie Numérique ainsi que la Commission parlementaire chargée des Technologies. Nous attendons que ces autorités examinent le cas d’Orange-Mali », nous confie un membre de l’association. Notre interlocuteur est d’autant plus révolté qu’au Sénégal, en Côte d’Ivoire et ailleurs dans la sous-région, les débits et les prix sont pratiqués par la société Orange à la satisfaction des clients, alors qu’au Mali, la filiale locale d’Orange en fait à sa tête. Serait-ce par mépris pour les Maliens?

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Article : IBK ou la politique du balai : Les institutions malades de l’instabilité
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21 mars 2015

IBK ou la politique du balai : Les institutions malades de l’instabilité

balayeur-de-rue-Le principal trait de caractère des institutions sous IBK est l’instabilité en raison des changements incessants de cadres et de ministres. Et la chose n’a rien de bon…

 

 

Elu à 77% des voix par les Maliens dans l’espoir qu’il sortirait le Mali du gouffre, le président Ibrahim Boubacar Kéita semble tergiverser tant dans sa politique que dans le choix de ses hommes. La relance économique et la sécurité restent encore des mirages pour les Maliens. Un facteur n’est peut-être pas étranger à cette situation: l’instabilité ministérielle et administrative. En effet, pour faire face aux nombreux défis qui leur sont posés, les cadres nommés doivent pouvoir bénéficier du temps nécessaire à l’étude des dossiers, à la construction d’une stratégie de travail, à la prise des décisions et au suivi de leur exécution. Or, l’administration publique, sous IBK, se caractérise par une instabilité chronique qui nuit gravement à la qualité de la gouvernance et plonge les fonctionnaires dans la psychose : ne sachant pas de quoi demain sera fait, ils perdent tout esprit d’initiative et se préoccupent du minimum vital: sauvegarder leur pain quotidien.

 

 

 

De septembre 2013 à nos jours, le Mali a connu trois Premiers Ministres (Oumar Tatam Ly, Moussa Mara et Modibo Kéita). Chacun de ces Premiers Ministres vient avec de nouveaux ministres qui sont limogés ou changent de portefeuille avant même d’entamer les tâches qui leur sont confiées. Ces changements incessants produisent leur pire effet quand ils frappent des départements sensibles comme l’Education, les Finances, l’Administration Territoriale, la Justice et la Défense. Ainsi, en moins de deux ans, le ministère de la Défense a connu trois titulaires différents (Soumeylou Boubèye Maiga, Ba Ndaw et Tiéman Hubert Coulibaly); le département de l’Education a connu, pour sa part, deux ministres (Jacqueline Togola et Berthélémy Togo); celui des Finances en a aussi connu deux (Madame Bouaré Fily Sissoko et Mamadou Igor Diarra); celui de la Justice en a connu également deux (les homonymes Mohamed Ali Bathily et Mohamed Diarra). Chacun de ces ministres institue ses propres priorités, ses propres méthodes, ses propres hommes et, bien sûr, ses propres hommes. Avec les dégâts que l’on imagine sur la continuité de l’action étatique et la sérénité des interlocuteurs de l’Etat…

 

 
Chargé d’organiser les élections et devant, à ce titre, bénéficier d’une ferme stabilité, le ministère de l’Administration Territoriale est devenue, depuis 2013, une véritable girouette qui ne cesse de changer de tête et de direction. Le département est revenu tout d’abord au général Moussa Sinko Coulibaly, l’organisateur des élections victorieuses de 2013. A la démission du gouvernement d’Oumar Tatam Ly, le général Sada Samaké, un proche d’IBK, est nommé à la tête du département, renommé à l’occasion « Ministère de l’Intérieur »; Sada a alors sous sa tutelle un ministre délégué chargé de la Décentralisation: Malik Alhousseyni. Un trimestre plus tard, nouveau changement: Sada reste ministre de l’Intérieur mais son ministre délégué chargé de la Décentralisation tombe au profit d’un nouveau-venu: Ousmane Sy. Devenu Premier Ministre, Modibo Kéita transforme le ministère de l’Intérieur en un super-ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation qu’il confie à Idrissa Maiga, l’ex-directeur de campagne d’IBK; au passage, Sada doit se contenter du département de la Sécurité et Ousmane Sy est remercié, son poste ayant été rattaché au département-mère.

 

 
Dans ce violent tourbillon qui souffle à la Défense et à l’Administration Territoriale, tout va sens dessus-dessous. Préfets, sous-préfets et chefs militaires ne savent plus à quel saint se vouer. Ils vivent dans la hantise permanente de changer de poste ou de devoir mettre en œuvre le contraire de ce que le ministre précédent leur avait demandé. Sans compter les dommages collatéraux qui peuvent découler pour eux du limogeage de tel ou tel ministre qu’ils avaient cru indéboulonnable en raison de sa proximité avec le chef de l’Etat. En matière d’instabilité, le ministère de la Communication est, avec ceux de la Défense et de l’Administration, champion toutes catégories. Trois ministres s’y sont succédé en moins de deux ans: Jean Marie Sangaré, Mahamadou Camara et Choguel Maiga, l’actuel titulaire. Si Choguel s’est vu attribuer la qualité de porte-parole du gouvernement, ses deux prédécesseurs étaient chargés de communiquer mais pas de porter la parole gouvernementale, ce privilège revenant à l’époque à Mahamane Baby, ministre de l’Emploi.

 

 

Puisque le gouvernement ne cesse de se refaire et de se défaire, les cabinets et les services techniques rattachés aux ministères suivent le même mouvement. Il ne se passe pas de jour sans qu’on assiste à de nouvelles nominations en conseil des ministres. Chaque conseil des ministres ressemble à une razzia. Fait notable, les ministres changent leur cabinet, non au compte-gouttes, mais intégralement. Les deux derniers conseils des ministres du gouvernement Modibo Kéita illustrent parfaitement ce constat.

Lors du conseil des ministres du 28 janvier 2015, le ministre des Finances, Mamadou Igor Diarra, a fait sortir un grand balai en changeant le chef de cabinet et quatre conseillers techniques et chargés de mission. Dans la foulée, il a remplacé les directeurs du Trésor, du Budget et des Douanes, ainsi que le Payeur Général du Trésor, le Receveur Général du district et l’Agent Comptable Central du Trésor. Au conseil des ministres du 4 févier, Dramane Dembélé, ministre de l’Habitat, a lui aussi changé tout son cabinet, de même que certains directeurs de services. A l’instar de Dembélé, le ministre de l’Administration Territoriale a changé une dizaine de préfets et de conseillers des gouverneurs. D’où cette interrogation: l’instabilité sert-elle de politique à IBK ? Traduit-elle l’inefficacité des ministres, l’absence de programme du président ou la volonté de celui-ci de contraindre les ministres et les hauts cadres dans une obéissance aveugle ?

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17. mars
2015
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Pour prévenir de nouvelles attaques : que fait l’Etat Malien ?

Dans la nuit du vendredi 6 mars 2015, un attentat terroriste a été perpétré en plein cœur de la capitale. Depuis, les autorités politiques et sécuritaires multiplient les appels au calme, promettant de mettre tout en œuvre pour retrouver les responsables de l’attentat. Pourtant, rien n’est en train d’être fait pour prévenir de nouvelles attaques jihadistes. Nous nous sommes ainsi amusés à faire un tour à la Cité Administrative, siège de la plupart des ministères.
Au portail de la Cité pointent une quinzaine de gendarmes censés garder 25 ministères. Cela veut dire qu’en cas d’attaque armée, chaque ministre ne bénéficiera pas de la protection d’un gendarme, chose anormal dans un pays en guerre. De plus, l’armement des forces de sécurité déployées à la Cité Administrative n’est nullement impressionnant car ion n’y voitr ni armes lourdes, ni blindés, ni semi-blindés. Et au lieu de se tenir en position débout, prêt au combat, les agents prennent le thé en dévisant comme au village, sous l’arbre à palabres. Pour ne rien arranger, les visiteurs de la Cité Administrative sont soumis à la même méthode de contrôle qu’avant l’attaque jihadiste du 6 mars 2015, ce qui signifie que l’on n’a tiré aucune leçon de ladite attaque.
Le reste de la capitale connaît le même laisser-aller sécuritaire. Avant l’attaque jihadiste, il n’y avait aucun risque de tomber sur une patrouille policière dans certains endroits névralgiques de Bamako; c’est toujours le cas. Mademoiselle Fanta Maiga ne nous dira pas le contraire, elle qui a renoncé, le 8 mars, à dîner au restaurant « Le Relax » après s’être aperçue que ledit restaurant, toujours rempli d’Occidentaux, ne bénéficiait d’aucune présence policière après l’attaque jihadiste du 6 mars, commise juste à deux doigts de là. C’est à se demander à quoi servent la police et la gendarmerie !
Occupés à tondre les usagers de la route, notamment les véhicules de transport en commun, les policiers postés aux ronds-points n’accordent aucun intérêt à l’application de la loi. On voit ainsi à longueur de journée des véhicules surchargés s’écraser dans les caniveaux, des files de fêtards encombrer les voies, des camions en panne sèche sur les ponts. Même en cas d’accident, les protagonistes, aux fins de constat officiel, doivent aller louer à prix d’or les services des policiers postés tout près de là et qui font mine de ne rien voir. Le convoi du Premier Ministre n’a-t-il pas ainsi été heurté par une benne ?

Les agents de police portent presque tous, en dessous de leur uniforme, des vêtements civils qu’ils se sont habitués à arborer quand un événement subit met la sécurité publique en danger. On l’a vu lors du putsch du 22 mars 2012 et lors des affrontements entre militaires « bérets rouges » et « bérets verts »: Les policiers, loin de protéger la population, se sont fondus dans la foule de civils grâce à leur habit de rechange.

Pis, Bamako déborde de véhicules non immatriculés ou à vitres teintées qui circulent librement. Ces voitures non indentifiables peuvent être utilisées par des jihadistes pour perpétrer des attentats. Les assaillants de « La Terrasse », le 6 mars, ne sont-ils pas venus à bord d’un véhicule à vitres teintées ? La promesse du gouvernement d’interdire ces véhicules semble sans lendemain car la plupart d’entre eux appartiennent à des officiers de l’armée, de la police, de la gendarmerie et à de hauts dignitaires du régime.

Un autre facteur d’insécurité reste la facilité avec laquelle on se procure des papiers officiels maliens. La carte d’identité, première pièce d’indentification d’un citoyen, est, dans nos commissariats et postes de gendarmerie, délivrée au premier venu arrivant sans aucun contrôle. N’importe qui se la procure aisément même s’il n’est pas Malien. D’où le nombre croissant de bandits retrouvés à l’étranger avec des pièces d’identité maliennes. On se rappelle le cas de ce commandant de brigade de gendarmerie qui, dans les mines d’orpaillage de Kadiolo (région de Sikasso), délivrait à tout venant des pièces d’identité moyennant la somme de 10. 000 FCFA.
Pour les passeports, c’est pareil. Le leader des « Jeunes Patriotes » ivoiriens, Charles Blé Goudé, n’a-t-il pas été arrêté au Ghana en possession d’un passeport malien ? Quel agent public malien a été poursuivi pour ce crime ?
Dans cet océan d’insécurité où continue de patauger notre pays, seul le chef de l’Etat semble hors d’atteinte. Pour entrer à Koulouba, tous les véhicules sont à présents contrôlés; il est même arrivé, il y a un mois, que celui du secrétaire général soit soumis à un contrôle

Policiers maliens
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Article : Pour prévenir de nouvelles attaques : que fait l’Etat Malien ?
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17 mars 2015

Pour prévenir de nouvelles attaques : que fait l’Etat Malien ?

Dans la nuit du vendredi 6 mars 2015, un attentat terroriste a été perpétré en plein cœur de la capitale. Depuis, les autorités politiques et sécuritaires multiplient les appels au calme, promettant de mettre tout en œuvre pour retrouver les responsables de l’attentat. Pourtant, rien n’est en train d’être fait pour prévenir de nouvelles attaques jihadistes. Nous nous sommes ainsi amusés à faire un tour à la Cité Administrative, siège de la plupart des ministères.

 

 

Au portail de la Cité pointent une quinzaine de gendarmes censés garder 25 ministères. Cela veut dire qu’en cas d’attaque armée, chaque ministre ne bénéficiera pas de la protection d’un gendarme, chose anormal dans un pays en guerre. De plus, l’armement des forces de sécurité déployées à la Cité Administrative n’est nullement impressionnant car ion n’y voitr ni armes lourdes, ni blindés, ni semi-blindés. Et au lieu de se tenir en position débout, prêt au combat, les agents prennent le thé en dévisant comme au village, sous l’arbre à palabres. Pour ne rien arranger, les visiteurs de la Cité Administrative sont soumis à la même méthode de contrôle qu’avant l’attaque jihadiste du 6 mars 2015, ce qui signifie que l’on n’a tiré aucune leçon de ladite attaque.

 

Le reste de la capitale connaît le même laisser-aller sécuritaire. Avant l’attaque jihadiste, il n’y avait aucun risque de tomber sur une patrouille policière dans certains endroits névralgiques de Bamako; c’est toujours le cas. Mademoiselle Fanta Maiga ne nous dira pas le contraire, elle qui a renoncé, le 8 mars, à dîner au restaurant « Le Relax » après s’être aperçue que ledit restaurant, toujours rempli d’Occidentaux, ne bénéficiait d’aucune présence policière après l’attaque jihadiste du 6 mars, commise juste à deux doigts de là. C’est à se demander à quoi servent la police et la gendarmerie !

 

Occupés à tondre les usagers de la route, notamment les véhicules de transport en commun, les policiers postés aux ronds-points n’accordent aucun intérêt à l’application de la loi. On voit ainsi à longueur de journée des véhicules surchargés s’écraser dans les caniveaux, des files de fêtards encombrer les voies, des camions en panne sèche sur les ponts. Même en cas d’accident, les protagonistes, aux fins de constat officiel, doivent aller louer à prix d’or les services des policiers postés tout près de là et qui font mine de ne rien voir. Le convoi du Premier Ministre n’a-t-il pas ainsi été heurté par une benne ?

 
Les agents de police portent presque tous, en dessous de leur uniforme, des vêtements civils qu’ils se sont habitués à arborer quand un événement subit met la sécurité publique en danger. On l’a vu lors du putsch du 22 mars 2012 et lors des affrontements entre militaires « bérets rouges » et « bérets verts »: Les policiers, loin de protéger la population, se sont fondus dans la foule de civils grâce à leur habit de rechange.

 

Pis, Bamako déborde de véhicules non immatriculés ou à vitres teintées qui circulent librement. Ces voitures non indentifiables peuvent être utilisées par des jihadistes pour perpétrer des attentats. Les assaillants de « La Terrasse », le 6 mars, ne sont-ils pas venus à bord d’un véhicule à vitres teintées ? La promesse du gouvernement d’interdire ces véhicules semble sans lendemain car la plupart d’entre eux appartiennent à des officiers de l’armée, de la police, de la gendarmerie et à de hauts dignitaires du régime.

 
Un autre facteur d’insécurité reste la facilité avec laquelle on se procure des papiers officiels maliens. La carte d’identité, première pièce d’indentification d’un citoyen, est, dans nos commissariats et postes de gendarmerie, délivrée au premier venu arrivant sans aucun contrôle. N’importe qui se la procure aisément même s’il n’est pas Malien. D’où le nombre croissant de bandits retrouvés à l’étranger avec des pièces d’identité maliennes. On se rappelle le cas de ce commandant de brigade de gendarmerie qui, dans les mines d’orpaillage de Kadiolo (région de Sikasso), délivrait à tout venant des pièces d’identité moyennant la somme de 10. 000 FCFA.

 

Pour les passeports, c’est pareil. Le leader des « Jeunes Patriotes » ivoiriens, Charles Blé Goudé, n’a-t-il pas été arrêté au Ghana en possession d’un passeport malien ? Quel agent public malien a été poursuivi pour ce crime ?
Dans cet océan d’insécurité où continue de patauger notre pays, seul le chef de l’Etat semble hors d’atteinte. Pour entrer à Koulouba, tous les véhicules sont à présents contrôlés; il est même arrivé, il y a un mois, que celui du secrétaire général soit soumis à un contrôle !

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15. mars
2015
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Etat de l’Azawad: Un leurre

Les pourparlers entre le Mali et les groupes ont pris avec un accord de paix paraphé à l’exception de la Coordination des Mouvements Armées (CMA). Ce que la CMA avance pour s’opposer à la signature de l’accord est tout simplement la non-prise en compte des aspirations des populations Azawadiennes. En effet, les populations du Nord ou du moins les groupes armés voulaient une fédération du Mali, avec deux entités (celle de l’Azawad et celle du Mali).

La fédération comme nous la connaissons ne signifie nullement la partition du territoire. Cependant, celle proposée par les groupes armés restait une indépendance qui ne disait pas son nom. Les groupes armés revendiquant l’indépendance du territoire dénommé « Azawad » sont composés en majorité des Touaregs. Une revendication territoriale venant de ce peuple pour qui connait l’histoire du Mali, n’est qu’un leurre. Cela, je le dis pour plusieurs raisons.

La première : les touaregs sont des nomades répartis entre une multitude de fractions éparpillées qui n’ont jamais constitué un groupe cohérent. Leur histoire est une suite interminable d’affrontements inter tribaux. Les différentes tribus les plus fortes n’ont fait qu’écraser les plus faibles. L’illustration parfaite est leur divisions en plus groupes armés qui s’affrontent régulièrement entre eux. Que dire de leurs divergences d’idées autours de la table de négociation.

Comment, comprendre qu’un peuple aussi divisé et nomade puisse gérer un territoire qui s’étend de Kidal, à Douentza (région de Mopti). On comprend dès lors pourquoi, dans le Mali qui fut un pays d’empire et de royaume, il ne s’est jamais constitué un empire ou un royaume Touaregs. La seconde raison qui me pousse à affirmer que constituer un Etat de l’Azawad est un leurre, est toute simple. Le territoire de l’Azawad, comme le traité de paix le délimite, couvre les régions de Gao, de Tombouctou et une partie de celle de Mopti.

Les livres d’histoire nous enseignent que les Touaregs ont toujours payé l’impôt à Sonni Ali Ber, empereur des Songhoi. Comment, comprendre que dans un pays, où, les ressortissants sont attachés à leur honneur, les petits fils de Sonni Ali Ber se soumettent au peuple Touareg. Ces propos peuvent choquer, mais c’est ainsi. Un territoire contrôlé par les Touaregs ne pourra faire que long feu. Et c’est comme ça.Photo Touaregs

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02. mars
2015
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Résidence des ministres maliens : le calvaire des policiers de garde

Dans notre dernier billet, nous révélions que la plupart des ministres ne bénéficiaient, à leur domicile, d’aucun dispositif policier de sécurité et que cela les rendait vulnérables à la première attaque d’un bandit armé. Le jour même de la publication de ce billet, le général Mohamed Abdrahamane Ould Meydou, qui s’est illustré contre les rebelles du MNLA, échappait à un assassinat. Suite à quoi, des policiers ont été déployés à la porte de chaque ministre. 

Les policiers de garde bénéficient de très mauvaises conditions de travail. Ils sont, pour la plupart, installés au portail du domicile sur des bancs ou des chaises en mauvais état. Imaginez des hommes assis pendant 24 heures sur des bancs ou des chaises! Devant l’ambassade d’Algérie, par exemple, tout passant peut voir les policiers de garde installés, tels des clochards, sur un banc de fortune, de l’autre côté de la rue, faute de poste de garde en bonne et due forme.

Un petit tour à Sébenicoro nous a permis d’observer les policiers en faction devant la résidence du président IBK. Ils passent toute la journée sous un manguier. Qu’il vente ou qu’il pleuve, ils restent sous le manguier. Le comble, c’est que seuls les policiers subissent ce sort; les autres agents en uniforme affectés à la garde présidentielle bénéficient, eux, d’un poste de travail adéquat. Selon nos informations, la position des policiers déployés chez le chef de l’Etat ne respecte pas les normes sécuritaires. Au lieu qu’une partie d’entre eux se repose pour relever l’autre plus tard, ils sont tous jetés sous le manguier, sans espoir de relève. Qu’un agresseur se présente à une heure indue, et il les trouvera tous dans les bras de Morphée! Comme par hasard, ce n’est que vendredi dernier que l’on a songé à construire au profit des policiers un hangar en face de la résidentielle présidentielle.

Chez plusieurs ministres et chefs d’institutions, il n’y a pas de local permettant aux policiers de garde de se reposer en cas de besoin. Chez le ministre des Mines, Boubou Cissé, par exemple, les policiers de garde passent la nuit à la porte, assis sur de simples cartons, tels des marchands de cola. Outre leurs conditions de travail déplorables, certains policiers de garde subissent des humiliations de la part de certains ministres ou de membres de leur famille. Un ministre dont nous tairons le nom a, un jour, demandé à un policier de laver son véhicule. Refus du policier qui a rétorqué qu’il n’était pas un boy. « Une autre fois, c’est l’épouse d’un ministre qui a crié sur un policier en faction pour qu’il aille ouvrir la porte à visiteur qui sonnait; le policier, vexé par le ton de la dame, lui a répondu qu’il n’était pas là pour recevoir des visiteurs », nous relate une source. Selon plusieurs policiers que nous avons interrogés sous couvert de l’anonymat, la garde au domicile de plusieurs ministres et chef d’institutions est un calvaire. Les policiers n’en veulent plus.

Cependant, ils sont unanimes à saluer le général Sada Samaké, ministre de la Sécurité, un des rares à offrir des conditions adéquates de travail aux policiers détachés à son domicile. « Chez Sada, les agents de garde sont bien logés et nourris; la relève est assurée et nous ne recevons aucune offense », témoigne un policier qui lie les avantages consentis par Sada au fait que celui-ci est un militaire rompu aux pratiques de sécurité. A des ministres qui se plaignaient de certains policiers qui abandonnaient trop tôt leur position de garde, Sada aurait recommandé de mettre les agents dans de bonnes conditions de travail. Pour l’instant, il n’est pas entendu.

Abdoulaye GuindoPhoto policeirs

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10. févr.
2015
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IBK lâché par ses alliés musulmans : Mahamoud DIcko et autres l’accusent de mauvaise gestion

Le mouvement islamique « Sabati 2012 », qui, sous la houlette du Chérif de Nioro et de Mahmoud Dicko, président du Haut Conseil Islamique, a largement contribué à porter au pouvoir le président Ibrahim Boubacar Kéita, vient de pointer un doigt accusateur sur le chef de l’Etat. C’était lors d’un forum du mouvement, tenu le samedi 7 février 2015 au Centre International de Conférences de Bamako. Le forum était présidé par le président du Haut Conseil Islamique, Mahamoud Dicko, en présence de Boubacar Moussa Bah, président de « Sabati 2012 », et d’une foule de militants.
La première mèche a été allumée par Boubacar Moussa Bah. Retraçant le parcours de son mouvement, de sa création à nos jours, il a rappelé que « Sabati 2012 » a pris part aux différentes élections (présidentielles et législatives) de 2013. Parlant du président IBK, Bah déclare que les musulmans du Mali, à travers « Sabati 2012 », ont contribué à son élection à la tête du pays. « Mais aujourd’hui, se lamente l’orateur, le peuple dans son ensemble est déçu de la gestion d’IBK. Les attentes n’ont pas été comblées. Le président la République n’a aucune considération pour le peuple malien et il faut que cela change! ». Bah invite donc IBK à écouter la voix du peuple.
Prenant à son tour la parole, le président du Haut Conseil Islamique, Mahmoud Dicko, dénonce la gestion actuelle du pays par IBK. Selon lui, les Maliens, en votant pour IBK à plus de 77%, lui ont confié des missions claires parmi lesquelles figurent en bonne place la résolution de la question du nord, la réconciliation nationale, la refonte de l’armée, la lutte contre la corruption et la délinquance financière, la restauration de l’honneur du Mali. « Aujourd’hui, fulmine Dicko, aucun de ces problèmes ne connaît un début de solution. Pis, la situation du nord se dégrade de plus en plus; la corruption et la délinquance financière atteignent des proportions inquiétantes. Le pays est très mal géré. Le responsable de cette mauvaise gestion n’est autre que le premier responsable du pays en la personne d’Ibrahim Boubacar Kéita. Et bien qu’il reste mon ami, je ne le suivrai jamais dans cette voie au détriment du peuple et de ma religion! ». L’imam Dicko met en garde IBK contre une loi en cours de préparation et qui attribuerait aux femmes un quota sur les listes électorales et dans les postes publics. Il demande à IBK de « se ressaisir très vite pour le bonheur de la nation ». Sans dévoiler les actions qu’ils entreprendraient si le président ne changeait pas de politique, Dicko et les siens promettent de jouer leur rôle d’acteurs de la société civile.
Les déclarations des leaders religieux consacrent une rupture d’alliance entre IBK et les groupes islamiques qui l’ont aidé à prendre le pouvoir. Pourquoi maintenant et pourquoi annoncer la rupture en public ? Chacun y va de sa petite interprétation. Certains estiment qu’IBK a heurté la sensibilité de ses alliés musulmans en participant, aux bras du chrétien Hollande et du juif Netanyaou, à la marche parisienne destinée à soutenir les journalistes caricaturistes du Prophète (paix et salut sur lui).D’autres observateurs considèrent qu’IBK n’a rien donné aux associations islamiques qui l’ont soutenu et qu’il ne les reçoit même pas. D’aucuns croient savoir que les associations islamiques ont très mal pris le départ de Moussa Mara, un Premier Ministre réputé pieux. A tout cela s’ajoute le fait que le Chérif de Nioro, grand manitou du monde religieux malien, n’a guère apprécié l’arrestation du général Sanogo.

 

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26. janv.
2015
Droits humains
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Mali : Les institutions en totale insécurité

Que fait l’Etat du Mali pour protéger ses ministres contre d’éventuelles attaques jihadistes ? La question vient en tête aussitôt que l’on songe au climat d’insécurité qui règne au nord, avec des accès de fièvre au centre comme lors des récentes attaques armées enregistrées à Téninkou et Nampala, loin du théâtre de guerre du nord. Il y a d’autant plus lieu à s’interroger qu’il y a quelques mois seulement, au nord, le ministre de l’Emploi, Mahamane Baby, a échappé de peu à un enlèvement et que le convoi du ministre du Développement Rural, Bocary Tréta, a sauté sur une mine vers Goundam. Ayant cherché à savoir de quoi il retournait, nous avons interrogé plusieurs sources.

Il ressort de notre enquête que tout ministre à droit à une garde rapprochée composée d’un garde du corps. Pour sa garde rapprochée, est affecté à chaque ministre un élément de la police ou de la garde nationale proposé généralement par le ministre lui-même en raison de ses affinités personnelles avec l’élément en cause. Il arrive que le ministre choisisse un ami, un parent, un voisin ou, tout simplement, qu’il reconduise l’élément qui servait sous son prédécesseur. Ainsi, Kénékéou Barthélémy Togo, actuel ministre de l’Education Nationale, a reconduit dans ses missions l’agent de police qui servait sous ses prédécesseurs Salikou Sanogo et Jacqueline Togola. L’agent de police reste collé aux basques du ministre toute la journée de travail; une fois que le ministre rejoint sa résidence, l’agent rentre lui aussi chez lui en attendant de retrouver le ministre le lendemain matin.

La garde du domicile du ministre n’est réglementée par aucun texte légal. Elle revient au ministre lui-même. Cependant, certains ministres, du fait du caractère stratégique de leur poste, se voient affecter, d’office ou à leur demande, un péloton de la police ou de la garde nationale: c’est notamment le cas des ministres de la Justice, de la Défense et de la Sécurité. D’autres ministres peuvent obtenir d’office une garde à domicile en raison des menaces qui pèsent potentiellement sur eux: c’est, par exemple, le cas de Zahabi Ould Sidi Mohamed, un rebelle repenti devenu minitre de la Réconciliation Nationale. Il arrive aussi qu’en raison de circonstances exceptionnelles, tous les ministres obtiennent d’office une garde policière de 3 ou 4 éléments à leur résidence: c’était le cas sous la Transition où tout officiel pouvait à tout moment recevoir des visites indésirables et musclées. Mais en temps normal, chaque ministre est responsable de la sécurité de sa propre résidence.
A cette fin, les ministres ont le plus souvent recours aux services de sociétés privées de gardiennage. « Certes, la police a une force de dissuasion plus grande car elle porte un uniforme officiel et est armée; mais le recours aux sociétés privées de gardiennage a plusieurs avantages: les agents privés ont une conscience professionnelle plus grande; de plus, l’agence privée de sécurité est rémunérée par le ministère, ce qui donne au ministre la possibilité de jongler avec les chiffres ou d’apporter un marché à un proche », nous confie une source.
De surcroît, certains ministres se gênent de poster à leur porte des éléments de police, de crainte de se voir reprocher un éloignement du peuple. C’est pourquoi plusieurs ministres, généralement venus du sérail politique, ont refusé la présence de la police à leur résidence. D’autres ministres craignent qu’une fois chassés de leur poste, la police ne quitte leur résidence, leur attirant, du coup, les moqueries des voisins.
Notons que certains anciens ministres bénéficient d’une protection policière de leur résidence en raison des menaces qui planent sur eux: le plus connu est sans doute Mamadou Namory Traoré. Actuel conseiller à la primature, il avait eu, sous la Transition où il dirigeait le ministère de la Fonction publique, la mauvaise idée de licencier 260 fonctionnaires au motif qu’ils avaient été illégalement recrutés. Bien que sa décision ait été plus tard annulée par la Cour Suprême et fonctionnaires réintégrés, l’ancien ministre ne dort plus que d’un œil.
En définitive, il y a lieu de craindre pour la sécurité de la plupart des ministres maliens. Avec les gardes privés recrutés à leur domicile, ils constituent une proie aisée pour tout jihadiste qui déciderait de frapper un grand coup. Les gardes privés ne sont généralement équipés que d’un uniforme, d’un bâton et d’un sifflet (pour appeler, en cas ‘urgence, au secours). C’est l’occasion de se demander quelle rançon serait alors demandée à l’Etat malien. D’ailleurs, que font la police et l’armée qui les empêche de se déployer au domicile de tous les ministres ? Le comble, c’est que le directeur de la police a récemment adressé au ministre de la Sécurité un courrier où il suggère d’arrêter le service des policiers à la résidence de certains ministres. La raison invoquée par monsieur le directeur ? Ne pas gêner les autres activités de la police qui, selon son chef, n’aurait pas d’effectifs suffisants !

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Article : Au pays d’IBK, force reste à Allah et au prophète Mohamed (PSL)
Politique
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21 janvier 2015

Au pays d’IBK, force reste à Allah et au prophète Mohamed (PSL)

Comme au Niger, au Sénégal, en Algérie, en Iran ou au Pakistan, les fidèles musulmans ont battu le pavé à Bamako, vendredi 16 janvier 2015, à l’appel du collectif des associations islamiques, pour protester contre les caricatures du prophète Mahomet (paix et salut sur lui), parues dans le journal français Charlie Hebdo le 14 janvier 2015.
Le gouverneur interdit, le premier ministre autorise

Comme la réglementation le prévoit, les organisateurs de la marche ont, avant toute chose, adressé une demande d’autorisation à Hady Traoré, gouverneur du district de Bamako. Dans sa réponse en date du jeudi 15 janvier 2015, le gouverneur refuse d’autoriser la marche par crainte des risques de débordements. Selon nos informations, le gouverneur, avant de prendre sa décision, se serait référé à sa hiérarchie, c’est-à-dire au ministre de l’Administration territoriale, qui lui aurait instruit de rejeter la demande.

Immédiatement après le rejet de la demande, les responsables du collectif prennent langue avec le premier ministre Modibo Keita en personne. A celui-ci, ils signifient que le droit de marcher est un droit constitutionnel. Après quelques heures de tractations, ce même jeudi 15 janvier 2015, le premier ministre appelle Mahmoud Dicko, président du Haut Conseil islamique, pour l’informer de sa décision d’autoriser la marche, à la condition que les uns et les autres veillent à la sauvegarde de l’ordre public. En l’occurrence, le premier ministre fait montre de responsabilité, car si l’Etat avait maintenu son refus, les associations islamiques auraient passé outre. Mahmoud Dicko appelle à son tour Mohamed Kimbiri, porte-parole du collectif, pour l’informer de la décision. Le spot publicitaire de la marche, qui avait été mis au placard suite au refus du gouverneur, reprend sa diffusion sur les radios privées de Bamako. Le vendredi 16 janvier 2015, jour de la marche, l’information est encore donnée dans la plupart des mosquées de la capitale.

Slogans hostiles

Avant 16 heures, heure prévue pour la marche, environ 10 000 personnes prennent d’assaut la devanture de la Bourse du Travail, lieu de départ de la manifestation. Sur les pancartes, on peut lire les slogans suivants : « On s’en fout de Charlie ! On ne sera jamais Charlie! », « Gare à celui qui se moque du prophète ! »,  » Je suis Coulibaly, je suis Kouachi, mort à Charlie ! « Oui à la liberté d’expression, non à la caricature de notre prophète! », « Aucun musulman sincère n’est Charlie ! ». Une pancarte ne passe pas inaperçue; elle mentionne : « IBK est Charlie et le peuple n’est pas Charlie! »

Le signal du départ donné, les marcheurs, sous bonne escorte des forces de l’ordre, se ruent vers le monument de l’indépendance où les attendent le président du Haut Conseil islamique, Mahmoud Dicko; le guide spirituel de l’association islamique « Ansar Dine », Chérif Madani Haidara; Mohamed Kimbiri, etc. Sur la courte distance qui sépare la Bourse du Travail du monument de l’indépendance, les marcheurs ne mettent que 5 minutes. A leur arrivée au monument, ils sont harangués par le maître de cérémonie, Kimbiri, qui prend la parole pour annoncer le programme. Pour bénir, le meeting, un certain Abdramane Sénou procède à la lecture de quelques versets du Coran.

Ensuite, Ousmane Madani Haidara souhaite la bienvenue aux marcheurs. Dans son adresse, il dira que cette marche a pour but de protester contre les caricatures du prophète Mohamed (paix et salut sur lui) publiées dans le journal français Charlie Hebdo. Selon Haidara, personne n’aimerait se voir humilié dans un journal, à plus forte raison le prophète (psl) grâce auquel chaque croyant espère aller au paradis. L’orateur affirme que les musulmans du Mali ne sont pas des terroristes et ne le seront jamais, mais qu’ils réagiront à toute attaque contre le prophète Mohamed (psl).

Le discours du président du Haut Conseil islamique va dans le même sens. Mahmoud Dicko, d’entrée de jeu, remercie les fidèles musulmans pour leur mobilisation. A ses dires, le nombre de manifestants est la preuve de l’attachement du Malien à sa religion. « Ce rassemblement est un signal envoyé au monde entier pour dire que les musulmans maliens sont prêts à mourir pour le prophète Mohamed (paix et salut sur lui) ». Dicko rappelle la reconnaissance éternelle du peuple malien envers la France pour tout ce qu’elle a fait pour le Mali. Si le peuple n’a pas cru utile de s’opposer à la participation du président IBK à la marche du 11 janvier 2015 à Paris, qui était une « marche contre l’obscurantisme », il n’accepte pas, en revanche, les nouvelles caricatures publiées après la marche.

La dimension planétaire donnée à ce numéro de Charlie Hebdo ne contribue pas, selon l’orateur, à rapprocher les peuples. « Le monde a aujourd’hui besoin d’un rapprochement des peuples et des religions, mais ces comportements ne sont pas de nature à aller en ce sens », déplore Mahmoud Dicko. Il trouve les caricatures « choquantes et génératrices de haine entre les musulmans et la France ». La liberté d’expression, certes, mais pas de caricatures du prophète (psl) ! « L’islam est l’essence de notre vie et le prophète Mohamed (psl) est l’essence de cette religion. Par conséquent, nous condamnerons toute forme d’attaques contre lui », conclut d’une voix sombre le patron du Haut Conseil islamique.

 

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C’est la vraie marque d’un philosophe que le sentiment d’étonnement

Auteur·e

L'auteur: Guindo Abdoulaye
Je me nomme Abdoulaye Guindo, diplômé de l’École Normale Supérieure, option Philosophie. J’évolue déjà dans le domaine du journalisme. Cependant, la ligne éditoriale du journal m’empêche d’écrire certaines choses qui pourtant doivent être dénoncées, voila pourquoi,je me suis lancé dans le blog. J'espère ainsi contribuer à soigner l'image de mon pays.

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