• Politique
    • Nord Mali
  • Droits humains
  • Education
  • NTIC
  • Culture
  • Sport
  • Mali : aidez nous à retrouver Birama Touré
Togouna News
17. mars
2016
Droits humains
0

L’après Grand Bassam : victoire sur les forces du chaos et de la terreur.

Le dimanche 13 mars 2016, la Cote d’Ivoire a vécu une des journées les plus terribles de son histoire. Après, le Mali et le Burkina Faso, au moins 18 personnes dont 15 civils et trois éléments des forces spéciales ivoiriennes, ont perdu la vie sous les balles des terroristes ayant attaqué, la plage de la station balnéaire de Grand-Bassam. Tout en regrettant la mort des innocents tués, j’estime pourtant que le 13 mars fut également un jour triomphant, parce que les ivoiriens ont eu la victoire sur les forces du chaos et de la terreur.

L’après Grand Bassam : victoire sur les forces du chaos et de la terreur.
Vector – Ivory Coast Soccer Fan Flag Cartoon

Oui, la Cote d’Ivoire a réussi à préserver et à protéger son mode de vie malgré la perte de vie des innocents. Elle n’aurait du ne plus exister dans ses valeurs fondamentales, mais, comme un seul homme, les Ivoiriens se sont mobilisés pour que cela ne soit pas. La jeunesse ivoirienne par son humour qu’on lui connait, a, à travers les réseaux sociaux, montré qu’elle n’a jamais été abattue.

Que dire de ce conseil des ministres extraordinaire délocalisé à Grand Bassam. Le président ivoirien Alassane Ouattara et son gouvernement se sont déplacés mercredi à Grand-Bassam pour un Conseil des ministres extraordinaire afin de montrer que la Côte d’Ivoire ne cédera pas au chantage. Ce même mercredi, tous les Ivoiriens répondant à l’appel du pays, ont marché côtes à côtes, main dans la main, pour montrer que le pays, a un ennemi commun : le terrorisme. Par ces différentes actions, mes frères ivoiriens viennent d’envoyer un message aux terrorismes : s’aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction.

Lire la suite
10. mars
2016
Politique
0

Plainte contre le Président Malien : je suis le BIPREM

Suite à une plainte introduite, par le bloc d’intervention populaire et pacifique pour la réunification entière du Mali (BIPREM) contre le président Ibrahim Boubacar Keita pour haute trahison, une flopée d’association et de regroupements politiques qui ne songent, en réalité, qu’à leur estomac, descendent à bras raccourcis sur le BIPREM. Il a suffi que le BIPREM porte plainte contre IBK pour que nos braves laquais tombent sur le BIPREM à bras raccourcis.

IBK
Dans un touchant concert, toutes ces associations estiment que derrière la plainte du BIPREM se cachent des « individus malveillants tapis dans l’ombre » et que leur unique but est de « ternir la belle image du chef de l’Etat. A ces associations et formations politiques, je dirai qu’elles sachent que sur un plan strictement légal, le BIPREM a toute latitude de porter plainte contre IBK, car, il n’en demeure pas moins qu’il est un citoyen comme les autres et à ce titre, assujetti à la loi, même si la Constitution lui accorde le privilège d’être jugé par une Haute Cour de Justice.

En effet, la constitution du Mali stipule à son Article 11 que: « Tout ce qui n’est pas interdit par la loi ne peut être empêché et nul ne peut être contraint de faire ce qu’elle n’ordonne pas ». La loi n’interdisant pas une plainte contre un président Malien en fonction, le BIPREM est dans son droit. Cependant, je reconnais que le BIPREM ait commis quelques erreurs. La première erreur est d’avoir porté plainte devant la haute cours de justice, sans passer par l’assemblée. La constitution du Mali, en son Article 95 stipule, en effet que: « La Haute Cour de Justice est compétente pour juger le Président de la République et les Ministres mis en accusation devant elle par l’Assemblée Nationale pour haute trahison ou en raison des faits qualifiés de crimes ou délits commis dans l’exercice de leurs fonctions ainsi que leurs complices en cas de complot contre la sûreté de l’Etat ».

Donc, les membres de l’association aurait du porter plainte à un autre niveau et non pas directement devant la haute cours de justice. La seconde erreur que, je reproche au BIPREM, est d’avoir seulement porté plainte contre IBK. En dehors d’IBK, aucun autre responsable politique n’est, en effet, visé par la plainte. Cela ne se conçoit guère dans la mesure où le chef de l’Etat ne peut agir qu’à travers son gouvernement, lequel, aux termes de l’article 53 de la Constitution,  » détermine et conduit la politique de la Nation. Dans ces conditions, il n’y a aucune équité pour le BIPREM à traduire IBK devant une juridiction en l’absence de ses Premiers Ministres et de ses ministres.

Cependant, dans ce duel comparable à celui de Goliath contre David, je préfère être du coté de David, c‘est à dire le BIPREM. La raison est toute simple : la défense de la liberté d’expression et d’opinion. Le BIPREM a porté, pensent que des faits de trahison pourraient être retenus contre le président Ibrahim Boubacar Keita. Quitte à la justice de classer cette plainte sans suite ou déclarer le président non coupable. Donc, je suis BIPREM.

Lire la suite
22. févr.
2016
Education
0

Mali : aidez nous à retrouver Birama Touré

Si, en Guinée, les journalistes restent mobilisés autour de l’assassinat de leur confrère El Hadj Mohamed Koula Diallo, au Mali, nous autres journaliste et bloggeurs sont sans nouvelles de notre confrère Birama Touré, du journal le sphinx, depuis le 29 janvier. Depuis cette date, toute la famille de la presse, soutenue par les autorités s’active pour le retrouver.

Birama_Toure

Dans ce billet, je tiens certes à faire attendre ma voix pour que Birama Touré soit très vite retrouvé, mais, aussi à dire stop à l’abus de langage. Le dossier Birama Touré fait l’objet d’abus de langage de la presse et de tous ceux qui en parlent. En effet, parlant de la situation de notre confrère, le terme « porté disparu » est abusivement employé. Au terme de la loi et, à cette étape, Birama Touré n’est pas encore « porté disparu ». Il est pour l’instant absent. Un petit cours de droit semble nécessaire.

Au Mali, la disparition est réglementée par la loi N° 087 du 30 décembre 2011, à travers le code de la famille et des personnes. 2 notions se dégagent : la notion d’absence et celle de la disparition proprement dite. La notion d’absence se repartie en 2 notions : la présomption d’absence et l’absence proprement dite. Ill y a présomption d’absence quand un individu cesse de paraître à son domicile connu depuis plus de 3 ans. Si trois autres années passent sans que le présumé absent ne réapparaisse, on parle maintenant d’absence proprement dite.

Le disparu est la personne qui a cessé de paraitre à son domicile suite à des événements de nature à mettre sa vie en danger (tremblement de terre, inondation, bousculade, etc.), alors que même son corps n’a pas été retrouvé. Vu que l’absence de notre confrère Birama Touré n’est pas due à l’un des événements cités plus hauts, je précise alors qu’on a affaire à une présomption d’absence.

Tout le mal, que, je souhaite à Birama Touré et à sa famille, est qu’il soit absent pour une raison où pour une autre. Ce qui veut qu’il rentrera très bientôt en famille. A attendant ce jour, tous ceux qui lieront ce billet, sont priés de nous aider à trouver Birama Touré.

Lire la suite
Article : Non, ne tuez pas Serge Aurier
Sport
0
16 février 2016

Non, ne tuez pas Serge Aurier

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le défenseur ivoirien du Paris Saint Germain, Serge Aurier, aurait tenu des propos déplacés contre son entraineur Laurent Blanc et certains de ses coéquipiers. Depuis, que la vidéo ait été rendue public, presque tout le monde du football, a commencé par la direction du PSG tombe à bras raccourcis sur Serge. Il a été mis à pied à titre conservatoire par le club de la capitale et, est menacé de plus faire partir du club.

 

Le défenseur ivoirien - crédit photo: internet
Le défenseur ivoirien – crédit photo: internet

Je reconnais que Serge Aurier, a commis une grave erreur. Mais, pour avoir assumé sans faiblesse ses propos et présenté ses excuses, il mérite d’avoir une seconde chance. Je n’ai aucune intention de justifier ses injures, mais sérieusement qui n’a jamais placé un petit mot bien gentil, pour qualifier un patron ? Avant, Aurier, Zlatan Ibrahimović avait, à la suite d’une rencontre traité la France de pays de merde. Il n’a pas eu le même traitement. Laurent Blanc serait-il-il supérieur à la France pour que Serge Aurier soit sanctionné et non Zlatan. Où, bien, parce que Aurier serait noir ou moins important que la star suédoise?

Après, les propos d’Ibra contre toute la France, il ne revenait pas au club de Paris de l’expulser, mais à la République de le faire. Mais, la polémique a été très vite enterrée, car, c’est le roi Zlatan qui avait parlé, et la France a peur de lui. Nation de justice, je demande aux Français de très vite se ressaisir et d’enterrer cette affaire Aurier. Je refuse donc que Serge Aurier soit diabolisé, car, les autres ne valent pas mieux que lui.

 

Lire la suite
Article : Festival culturel Dogon : les vertus du « Toguna »
Droits humains
0
1 février 2016

Festival culturel Dogon : les vertus du « Toguna »

Du 29 au 31 janvier 2016, s’est tenue à la place du cinquantenaire, sur les berges du fleuve Djoliba, le 1er festival culturel Dogon dénommé «Ogobagnan», qui signifie la case du chef de village. L’objectif de ce festival était de faire la promotion de la culture dogon, à travers plusieurs activités : conférences débats, défilés des masques dogons, concerts géants, exposition d’objets d’arts de la culture dogon.

 

En outre, il a permis à nous autres Dogons, vivant loin de notre de nous ressourcer, et aux autres non dogon de mieux connaitre cette culture dogon, combien riche. Dans ce billet, je m’adresse à ceux qui n’ont pas eu la chance de participer au festival en leur présentant une facette de cette riche culture « Dogon ». Pendant ces 3 jours de festival, bien que « Dogon », je fus impressionné par les vertus du « Toguna ». D’ailleurs, mon blog ne porte-t-il pas le nom « Toguna ».

 

En ce qui concerne, le peuple Dogon, sachez qu’il est parti du Mandé, région située au sud-ouest du Mali au XIVe siècle pour éviter l’islamisation. Le peuple s’installa dans la localité de Kani Bonzon avant de se disperser sur trois sites que sont la Falaise de Bandiagara (site mis en 2003 sur la liste mondiale du patrimoine de l’UNESCO), le plateau (région de Sangha) et la plaine. Le Toguna qui trouve son origine au Mandé, est une construction ouverte érigée en général au centre des villages. Il est d’une hauteur insuffisante pour se tenir en position debout de façon à obliger les participants à s’asseoir. C’est le lieu où les sages du village débattent des problèmes de la communauté. Il joue le rôle de parlement où, siègent les délégués des quartiers. Il joue également le rôle de palais de justice à compétence étendue.

 

Sous le « Toguna », tous les conflits y sont tranchés par les sages. C’est aussi, un lieu de culte, où, il est constamment fait appel à Amman « le Dieu animiste Dogon». Il garde un caractère sacré et mystique et les femmes stériles y accomplissent des rites pour être fertiles. Il joue enfin un rôle de tour contrôle du village contre d’éventuels assaillants. Voici, en quelques lignes les vertus du « Toguna ».

Lire la suite
Article : A la rencontre des bâtisseurs de la République : le juge à la probité étendue !
Droits humains
0
28 janvier 2016

A la rencontre des bâtisseurs de la République : le juge à la probité étendue !

Dans ce billet que je baptise « Ces bâtisseurs inconnus du Mali », j’ai fait un déplacement spécial à Kolokani, localité située à 120 km de Bamako pour recueillir des informations sur un juge de paix dont on m’a parlé comme étant « l’oiseau rare » dans cette profession qui, à tort ou à raison, est décriée. Certains maliens ne disent-ils pas que « la prochaine révolution sera contre les juges ? » Toujours est-il que pour notre part, nous pensons que le magistrat n’est ni meilleur, ni pire que les autres. Mais dans toute profession, il y a toujours des hommes et des femmes d’exception. Notre intention, c’est de montrer ces hommes et femmes qui dans l’anonymat, travaillent inlassablement afin de mériter de la nation.

 
Fousseyni Konaté, magistrat de son Etat, est notre oiseau rare. Dans un pays où la justice est décriée du fait des hommes qui l’animent, trouver un homme doué d’une telle intégrité morale à toute épreuve relevait de l’utopie. Pourtant, nos investigations, nous ont mis sur la route de monsieur Fousseini Konaté, juge de paix à compétence étendue de Kolokani. Ayant appris la probité morale de l’homme, nous nous sommes rendus dans la localité de Kolokani pour en avoir le cœur net. Arrivé dans la capitale du Beledougou, nous avons, sous couvert d’anonymat, interrogé plusieurs justiciables et acteurs de la justice. De nos enquêtes, il ressort que Fousseyni Konaté a été nommé juge de paix à compétence étendue de Kolokani en 2013.

 

 

Dans l’ensemble, les personnes interrogées retiennent du magistrat un homme doté d’une conduite quasi irréprochable. Au tribunal où nous nous sommes rendus, un collaborateur parlant sous couvert de l’anonymat ne tarit pas d’éloges sur la personne du magistrat. Aux dires de notre interlocuteur, Fousseyni Konaté est le 13e juge de paix à compétence étendue de la localité, sous les ordres de qui il a servi. Et sans jeter l’opprobre sur les autres juges, il affirme que Konaté reste celui qui a le plus retenu son attention sur le plan de l’intégrité morale. Toujours selon notre interlocuteur, Fousseyni Konaté reste jusqu’à ce jour, parfaitement intègre tant dans sa vie privée que dans sa vie professionnelle.

 

 

« Il a une très bonne connaissance du droit et est doué d’un sens élevé d’écoute », a ajouté notre interlocuteur. Il ajoute par ailleurs que le magistrat, pendant les audiences, sait se montrer courtois, mais ferme lorsqu’il s’agit de rappeler à l’ordre le public ou quelques individus turbulents. « Le juge à compétence étendue est celui qui joue à la fois le rôle du juge d’instruction, du procureur et du juge au siège. C’est une responsabilité qui doit être confiée aux hommes comme Fousseyni Konaté », martèle notre interlocuteur. Après le tribunal, nous avons poursuivi nos investigations à travers la ville. Le constat est le même : Fousseyni est un juge incorruptible. Même son de cloche au niveau des autorités politiques et administratives de la localité. Un maire interrogé dira qu’en plus de sa probité morale, Fousseyni Konaté est un homme sociable, qui prend part à toutes les cérémonies sociales auxquelles, il est convié. L’élu reconnait qu’avec rigueur, Konaté tranche les affaires, l’autorité de l’Etat est en train d’être restaurée.

 

 

« Si j’avais mon mot à dire au sommet de l’Etat, je demanderais à ce que Fousseyni Konaté reste environ 10 ans pour parachever sa mission, celle du combat contre le laisser-aller », martèle notre interlocuteur. Puis il ajoute : « Ce sont des agents de l’Etat de cette espèce qui méritent les hautes distinctions avant leur mort ». A la question de savoir si trouver un juge comme Konaté au Mali relevait d’une utopie, la vendeuse de galettes installée à l’entrée du marché déclare : « un juge peut être bon, car les hommes ne sont pas tous mauvais ». Nous n’en revenions pas lorsqu’une des victimes de Konaté, s’est présentée à nous pour saluer la sagacité avec laquelle le magistrat tranche. « Bien que je n’étais pas content d’aller en prison, je reconnais que Fousseyni Konaté est incorruptible. Je le dis car, toutes mes tentatives pour échapper à la prison ont été vaines », révèle l’ex-détenu.

 

 

Pour tous ceux qui liront ce billet, sachez que nous ne connaissons pas Fousseyni Konaté et pendant notre enquête, nous ne l’avons pas rencontré non plus, sinon nous aurions livré une photographie de lui. L’objectif de notre démarche ne consiste qu’à magnifier les hommes et femmes qui font honneur à leur profession. Fousseyni Konaté par ses actes, vient donner raison au philosophe italien, Machiavel Nicolas qui disait : « un acte de justice et de douceur a souvent plus de pouvoir sur le cœur des hommes que la violence et la barbarie».

Lire la suite
10. janv.
2016
Droits humains
0

Mali : comment les leaders religieux ont vaincu l’état d’urgence

A la veille des nombreuses fêtes de fin d’année, l’Etat malien a décrété l’état d’urgence. Mais il a vite reculé sous la menace des leaders religieux, conduits par le très populaire Haidara. Le film d’une capitulation.
L’affaire débute le 20 novembre 2015, avec l’attaque de l’hôtel Radisson. Le gouvernement décrète pour dix jours l’état d’urgence. Pour édifier le public sur cette notion, le gouvernement dépêche sur l’ORTM le directeur de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA), Fousseyni Samaké. Selon ce spécialiste, l’état d’urgence est un régime juridique qui accroît les pouvoirs de police des autorités civiles. Prévue par la Constitution, la mesure est prise en cas de « péril imminent » pour la sécurité publique, d’ « atteinte grave à l’ordre public » ou de « catastrophe naturelle ». Les conséquences de l’état d’urgence correspondent à une restriction des libertés, comme celles de la presse, de la circulation ou des manifestations. « L’état d’urgence confère aux autorités administratives le pouvoir d’interdire tout rassemblement de personnes. En 1990, il fut décrété dans la 6ème et la 7ème région. En janvier 2013, les autorités de transition l’ont instauré après les attaques contre la ville Konna », explique l’expert.
C’est entendu: l’état d’urgence vise à empêcher les attroupements et les manifestations publics. C’est pourquoi, lorsqu’il est décrété le 20 novembre, suite à l’attaque du Radisson, des inquiétudes planent sur la tenue du « Maouloud », prévue pour fin décembre. Le « Maouloud », comme on le sait, désigne l’anniversaire du Prophète de l’Islam (paix et salut sur lui). Craignant l’annulation de cet événement, qu’il célèbre chaque année avec faste, Chérif Ousmane Madani Haidara, le leader de l’association islamique Ançardine, sort ses muscles. Haidara n’est pas n’importe qui. Orateur hors pair, il est le gourou d’une association qui revendique un million de fidèles. Il aime rappeler que chacun de ses disciples détient une carte d’électeur Nina. Nul n’ignore que, si le Haut Conseil Islamique (HCIM) remplit les stades à chacune de ses manifestations, c’est surtout grâce à la capacité de mobilisation de Haidara. Ce dernier est à la fois admiré et redouté. Dès le jeudi 3 décembre, lors d’un point de presse à son domicile, sis à Banconi, en commune 1 de Bamako, il met en garde contre toute annulation du « Maouloud ». Le Guide des Ançar affirme: « Le Maouloud fait partie de l’Islam. Nul ne pourra nous empêcher de pratiquer notre religion. Pour nous, le Maouloud équivaut à la prière: le gouvernement ne peut pas l’empêcher! ». Le Groupement des Leaders Musulmans, présidé par Haidara lui-même, revient à la charge, quelques jours plus tard. Lors d’une conférence de presse, le Secrétaire général du Groupement, Macki Ba, annonce que la célébration du « Maouloud » aura lieu à la date prévue (sous-entendu: malgré l’état d’urgence). Il assure que les mesures sécuritaires seront prises par les organisateurs pour le bon déroulement de la fête.
La tension monte entre l’Etat et les organisateurs du « Maouloud », lorsqu’à l’approche de l’événement, le gouvernement décrète, le lundi 21 décembre, l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire. Des rumeurs courent sur l’annulation de tous les rassemblements, y compris ceux du « Maouloud ». D’ailleurs, un grand parti comme l’URD annule son congrès. Sentant la tenue du « Maouloud » en péril, les leaders religieux impliqués dans son organisation se réunissent au domicile de Haidara. Ils décident de maintenir la célébration du « Maouloud ». L’information est relayée par plusieurs radios et chaînes de télévision, dont Cherifla télé, une chaîne appartenant à Haidara.
Après quoi, les leaders religieux se succèdent au micro pour dire: « Nous sommes conscients de la situation du pays. Mais avant de décréter l’état d’urgence, le gouvernement aurait dû nous en parler. Nous ne pouvons comprendre que l’état d’urgence soit décrété 48 heures seulement avant le démarrage des festivités du « Maouloud », alors que des dizaines de millions de FCFA ont été injectés dans l’organisation et que des milliers de fidèles sont venus du monde entier. Par conséquent, le « Maouloud » ne sera ni annulé ni reporté! ».
Le gouvernement panique aussitôt. Il sait de quoi sont capables les foules musulmanes qui, en 2011, ont fait avorter la promulgation du Code de la famille, voté sous ATT. Il se soumet donc à la volonté des leaders musulmans de maintenir le « Maouloud ». Pour masquer sa reculade, le gouvernement se lance dans une campagne de presse. Ainsi, Mountaga Tall, ministre de l’Enseignement Supérieur, passe à la télévision nationale pour tenter de convaincre, en français et en bambara, que l’état d’urgence n’empêche pas les rassemblements, et notamment, pas ceux du « Maouloud ». Puis, c’est le jeune ministre de la Sécurité, le colonel-major Salif Traoré, qui monte hâtivement au créneau. Lors d’un point presse animé, le 23 décembre, à son département, il affirme que l’état d’urgence n’est pas décrété pour empêcher le « Maouloud » ou Noël, mais plutôt pour octroyer les moyens aux forces de sécurité d’accomplir leurs missions. « Certains attroupements peuvent être interdits, s’ils sont jugés dangereux par les autorités administratives; de même, certains lieux suspects peuvent être perquisitionnés à tout moment sans l’aval des propriétaires », prévient-il. Les contorsions des deux ministres prennent l’exact contre-pied du cours de droit livré, il y a un mois, par le directeur de l’ENA.

Haidara
Le gouvernement ayant lui-même justifié la tenue du « Maouloud », il ne reste plus aux fidèles musulmans qu’à remplir le stade du 26 Mars, jeudi 24 décembre 2015. Mercredi 30 décembre 2015, au cours de la célébration du baptême du Prophète (paix et salut sur lui), Haidara, prenant la parole devant quelque 80. 000 fidèles, revient sur ce qu’il appelle une « tentative de sabotage du Maouloud ». Et il martèle avec force: « Nul ne peut nous intimider ! Le Maouloud ne cessera d’être célébré au Mali que lorsque les hommes de valeur cesseront d’y vivre. Or, des hommes de valeur, il y en aura toujours au Mali ! » Au lendemain du « Maouloud », il répète aux journalistes: « Le jour où un président de la République tentera d’interdire le Maouloud, Dieu l’évincera immédiatement de son poste ! »

Lire la suite
17. déc.
2015
Droits humains
0

Torture et maltraitance au Mali : une réalité dans les lieux de privation de liberté

Le Mali, à l’instar de la communauté internationale, a célébré le 8 décembre, la journée des droits de l’homme. Dans le cadre de cette journée, les associations et organisations de défense des droits de l’homme au Mali, ont organisé un symposium qui avait pour thème : « Unissons-nous contre la torture et les autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants». Au cours de ce symposium, plusieurs beaux discours condamnant la pratique de la torture, ont été livrés.

 

La pratique de la torture dans les lieux de privation de liberté comme les cellules de garde à vue et des maisons d’arrêts, oblige les autorités à mettre fin aux discours pour aller vers des actes concrets. Les cellules de garde à vue des commissariats et des gendarmeries sont des lieux de la torture par excellence. Ces pratiques, selon des enquêtes, font beaucoup de victimes. Les inculpés qui ont le malheur de tomber dans les filets de la gendarmerie ou de la police sont soumis à toutes formes de torture. Les tortures varient en fonction du grade du détenu : les bandits de grands chemins et les délinquants primaires.

 
Lorsque des malfrats sont pris par les limiers, les infortunés pour les obliger à passer très vite aux aveux, subissent des traitements cruels, inhumains ou dégradants. Les plus durs qui tardent à parler sont suspendus à une corde, griffés par des pinces et souvent même électrocuté. Combien de fois des bandits au cours de leur procès en assise se sont plaints d’avoir été victime de torture pendant l’enquête préliminaire. Certains détenus ont même présenté à l’audience les stigmates des tortures subies.

 
Très souvent, les avocats de ces accusés arrivent à obtenir le non lieu ou des peines plus clémentes en plaidant la nullité des aveux, lesquels sont obtenus sous la torture. Quant aux personnes dont l’infraction ne nécessite pas un déferrement devant un procureur, elles subissent aussi des tortures. Ces tortures sont employées sur ces personnes dans le seul but de les pousser à débourser très vite des sous pour recouvrer la liberté. Dans les cellules, les détenus sont obligés d’uriner et de se soulager dans un seau situé dans un coin de la cellule.

 
Ainsi, les détenus suffoqués par l’odeur nauséabonde se voient contraints de mettre la main à la poche pour sortir du calvaire. Plus grave, les détenus dans leur cellule ne sont pas autorisés à se protéger des moustiques. Les plus fragiles craquent très vite et cèdent au chantage des policiers. La torture constitue l’une des violations de droits de l’homme les plus sérieuses et les plus répandues au monde. On voit donc que notre pays ne fait pas exception à cette règle.

Lire la suite
Article : Après l’attentat du Radisson: Ce qui a changé en matière de sécurité
Droits humains
0
15 décembre 2015

Après l’attentat du Radisson: Ce qui a changé en matière de sécurité

L’attentat du RADISSON a marqué les esprits et il nous est venu l’idée de vérifier si la sécurité a été améliorée à Bamako. En ce qui concerne les grands établissements hôteliers, il y a lieu de rappeler que certains d’entre eux sont, depuis 2013, occupés par les forces armées françaises et la force onusienne. Il s’agit notamment de l’Hôtel de l’Amitié, sis à Bozola; du Kimpeski, situé au Quartier du Fleuve et de l’hôtel Nord-Sud, situé au coeur de l’ACI 2000. Dans ces hôtels déjà bien sécurisés, l’attaque du RADISSON est juste venue changer certaines habitudes.

 
En effet, depuis l’attaque du Radisson, les agents de SECURICOM (société privée de gardiennage) déployés en guise de première ligne de surveillance, ne se contentent plus, comme auparavant, d’appliquer le détecteur de métaux aux véhicules des visiteurs: ils procèdent à une fouille plus minutieuse. Au lieu d’un simple bâton, ils sont maintenant équipés de gilets pare- balles et de casques. Outre les agents de SECURICOM, les soldats en faction devant ces hôtels ont vu leurs moyens de riposte renforcés. Devant les hôtels non occupés par les forces onusiennes ou françaises, comme le Grand Hôtel de Bamako, les agents de la société SECURICOM sont, depuis l’attaque du RADISSON, épaulés par l’armée malienne.

 
En arrivant devant le Grand Hôtel, vous serez frappés par le nombre impressionnant de militaires armés et positionnés dans chaque coin. Il nous a été donné de constater la présence discrète de plusieurs soldats dans une salle de l’hôtel. Il est vrai qu’au Grand Hôtel ont emménagé, juste la veille de l’attaque du RADISSON, tous les chefs rebelles de la CMA… A l’hôtel Salam où, depuis plusieurs mois, des policiers montent la garde, la sécurité a été renforcée après le 20 novembre 2015 par des bérets rouges, les fameux commandos parachutistes de Djikoroni.

 

Les autres hôtels – Colonnes, Mandé, Colombus, Plazza ou Olympe – sont livrés à eux-mêmes. Ils ne bénéficient d’aucune protection policière ou militaire et doivent se contenter de louer les services des sociétés privées de gardiennage. Devant ces hôtels, on ne voit aucun changement. D’où cette interrogation: suivant quel critère l’Etat affecte-t-il des forces de l’ordre à un hôtel ? Selon nos informations, l’affectation des forces dépend de l’expression du besoin, du caractère stratégie de l’établissement à protéger, mais aussi et surtout de la contribution de l’établissement à la prise en charge des forces de sécurité à déployer. Car lesdites forces sont considérées comme en mission et, à ce titre, ont droit à des perdiems. On parle de 2000 FCFA par jour et par policier. Sans compter les frais de nourriture, de cigarettes et de thé. Beaucoup d’établissements hôteliers, incapables de supporter ces coûts, préfèrent s’adresser aux agents de garde privés, comptant sur l’effet dissuasif de leur présence.

 
La représentation diplomatique des Etats Unis, sise dans l’ACI 2000, est, depuis sa construction, une vraie forteresse couverte de caméras. Quant à celle de la France, située près du Pont des Martyrs, elle est cerclée d’une montagne de sacs de sable censés amortir d’éventuels tirs. La ruelle qui sépare sa façade orientale de l’Hôtel de l’Amitié a été fermée à la circulation après l’attaque du RADISSON. Auparavant, la ruelle était à sens unique. Le Centre Culturel français, situé à la Place de l’Indépendance, a vu sa façade renforcée de béton avec, devant, un groupe de gardes nationaux maliens.

 
La résidence de l’ambassadeur de France, à Darsalam, est devenue inaccessible depuis le 20 novembre: la rue qui passe devant elle a été fermée à la circulation; des soldats français lourdement armés se relaient au portail de l’édifice, épaulés par des soldats maliens positionnés dans la rue. Le secteur des ambassades à l’Hippodrome, en commune 2 de Bamako, qui abrite notamment les représentations des Pays-Bas et de la Belgique, a été littéralement coupé du monde: les rues d’accès ayant été fermées à la circulation des véhicules depuis l’attentat du 20 novembre, il faut désormais parcourir à pied une longue distance avant de se présenter à l’entrée où l’on montre patte blanche.

 

Depuis 2013, date de lancement de l’opération Serval au Mali, l’école française « Liberté A », sise à Médina Coura et fréquentée en général par les enfants de ressortissants français et étrangers, est intouchable. L’attentat du RADISSON n’a fait que renforcer la vigilance en ces lieux. En revanche, au niveau des établissements du groupe turc « Collège Horizon », fréquentés par des enfants de riches, nous n’avons noté aucune disposition sécuritaire particulière. Même constat au lycée « Castors ».

 
Ne parlons pas des établissements scolaires et universitaires étatiques qui constituent de véritables moulins: on y entre et on en ressort comme au marché. Que font donc les parents d’élèves pour exiger la sécurisation des élèves, surtout quand on sait que les terroristes n’ont pas hésité, courant 2015, à s’attaquer à l’Université Garissa au Kenya, tuant 134 jeunes gens? Si l’Etat a pu déployer des forces au bénéfice des hôtels, faut-il qu’on le supplie pour protéger les enfants ? Ou bien attend-il, comme d’habitude, qu’il se produise un attentat pour réagir?

 
Le gouvernement songe à de plus en plus à sa propre sécurité. La Cité Administrative, où siègent la plupart des ministères, a vu son dispositif sécuritaire amélioré au point que des embouteillages incessants se forment juste après l’entrée; là, les militaires de garde passent systématiquement tous les véhicules entrants au détecteur d’explosifs et fouillent les coffres. Les commissariats de police et les postes de gendarmerie de la capitale ont revu leur dispositif sécuritaire consolidé depuis l’attaque du poste de gendarmerie de Baguineda, à 15 km de Bamako.

 
Devant tous les commissariats, des policiers armés de kalachnikovs sont désormais en faction. Les autres structures de l’Etat ne sont pas cependant logées à la même enseigne. Si quelques-unes – Conseil économique et social, Haut Conseil des Collectivités, Assemblée Nationale – bénéficient de la protection des forces de l’ordre, la plupart des directions nationales sont obligées de se contenter de gardiens privés. Cela n’est pas du meilleur effet pour le prestige étatique ni ne contribue à dissuader d’éventuels assaillants car chacun sait que les agents de sécurité privés ne sont pas armés. Pourquoi ne réduirait-on pas les effectifs de la police au niveau de la circulation routière, où ils ne servent à rien, pour redéployer ces éléments aux lieux où le vrai devoir les appellent?

Lire la suite
« »
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
C’est la vraie marque d’un philosophe que le sentiment d’étonnement

Auteur·e

L'auteur: Guindo Abdoulaye
Je me nomme Abdoulaye Guindo, diplômé de l’École Normale Supérieure, option Philosophie. J’évolue déjà dans le domaine du journalisme. Cependant, la ligne éditoriale du journal m’empêche d’écrire certaines choses qui pourtant doivent être dénoncées, voila pourquoi,je me suis lancé dans le blog. J'espère ainsi contribuer à soigner l'image de mon pays.

Populaires

Article : Journée mondiale du blog au Mali : « Doniblog » continue la promotion
Journée mondiale du blog au Mali : « Doniblog » continue la promotion
1 septembre 2015
Mali : portrait de la première femme conductrice de gros camions
9 mars 2017
Le mouvement jeune et citoyen malien « Trop, c’est trop » à Kidal
12 octobre 2017
Enquête sur le Mali, un Etat qui a perdu toutes ses dents
3 novembre 2017
Article : Comment les déchets médicaux sont traités au Mali
Comment les déchets médicaux sont traités au Mali
26 août 2017
Voyage à Tombouctou: Ce que le blogueur a vu et entendu
1 août 2017
Article : De la démocratie en pays pauvre et illettré
De la démocratie en pays pauvre et illettré
28 juin 2014
Promotion du blogging et des réseaux sociaux au Mali : « Doniblog » lance le projet « Impact Mali »
30 juillet 2015
Article : Cube alimentaire «Bara Muso»: le fabricant écoule des produits périmés
Cube alimentaire «Bara Muso»: le fabricant écoule des produits périmés
10 novembre 2015
Article : Faire les élections sans Kidal, car elle n’est plus Malienne
Faire les élections sans Kidal, car elle n’est plus Malienne
18 septembre 2015
Togouna News © 2026
-
BLOG DU RÉSEAU MONDOBLOG
Mentions légales Centre de préférences
384