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Togouna News
Article : Tragédie au champ du chanteur Abdoulaye Diabaté: un gardien est assassiné par ses 2 collègues
Faits Divers
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16 août 2016

Tragédie au champ du chanteur Abdoulaye Diabaté: un gardien est assassiné par ses 2 collègues

Deux jeunes employés du célèbre chanteur Abdoulaye Diabaté se sont rendus coupable d’assassinat sur la personne de leur collègue de 50 ans. Récit…

Tragédie au champ du chanteur Abdoulaye Diabaté: un gardien est assassiné par ses 2 collègues
Tragédie au champ du chanteur Abdoulaye Diabaté: un gardien est assassiné par ses 2 collègues

L’affaire défraie la chronique à Koutiala, la capitale de l’or blanc. Le vendredi 5 août 2016, tôt le matin, des paysans de Wolobougou, bourgade située à 11 Km de Koutiala, sur la route de Ségou, découvrent le corps sans vie d’un homme baignant dans une mare de sang. Immédiatement, ils informent les policiers présents au poste de contrôle situé à quelques mètres du lieu de la découverte. Ceux-ci, à leur tour, saisissent Abdelkader Kéita, le commissaire de police de Koutiala, qui dépêche sur les lieux une équipe d’enquêteurs. Les limiers constatent que la victime, âgée d’environ 50 ans, a le crâne brisé. A ses côtés se trouve une bicyclette.

Traces de sang

En bons spécialistes, les policiers remarquent des traces de sang qui se poursuivent sur une piste jusqu’à la voie goudronnée. Curieux, ils suivent les traces de sang sur une distance de plus de 4 km; les traces de sang s’arrêtent dans le champ d’Abdoulaye Diabaté. Ce dernier n’est pas un inconnu: natif de Koutiala où il exerce depuis des décennies, c’est un musicien et un griot de réputation internationale. Qu’a-t-il à voir dans ce dossier ? Les policiers trouvent dans le champ un jeune homme de 25 ans du nom de Fousseyni Bakayoko. Interrogé sur les raisons de sa présence dans le champ de Diabaté, il dira être l’un des trois ouvriers en service en ce lieu. A la question de savoir où se trouvent ses deux collègues, Fousseyni répond que l’un, du nom d’Alassane Ag Aboubacrine Cissé, est parti en ville pour réparer sa bicyclette et que l’autre, du nom de Souleymane Sogoba, se trouve « en brousse ». Les policiers font le tour du champ et tombent, dans un recoin, sur une mare de sang. Interrogé sur l’origine de ce sang, Fousseyni Bakayoko perd ses moyens. Acculé, il passe aux aveux. I

l dira ainsi aux agents de police que le sang découvert est celui d’Alassane Ag Aboubacrine Cissé qui a été assassin par lui et Souleymane Sogoba. Fousseyni ajoute que lui et son complice ont, après le forfait, transporté le cadavre au bord de la voie goudronnée pour faire croire qu’il a été victime d’un accident de la circulation.

Les raisons d’un crime

Fousseyni Bagayoko révèle à l’équipe d’enquête le mobile de l’assassinat. A ses dires, la victime était le tout premier gardien engagé au champ par le chanteur Abdoulaye Diabaté; il était donc le premier responsable du champ. « Depuis notre prise de fonctions, un problème de leadership nous a opposés à Cissé. Voilà pourquoi Souleymane et moi ‘avons décidé de nous débarrasser de lui « , a expliqué Fousseyni. Mais là, il ne dit pas toute la vérité ! Quand son complice est, à son tour, arrêté et que les deux tueurs sont conduits au commissariat, ils reconnaîtront tous deux avoir fracassé la tête de Cissé nuitamment, à l’aide d’une daba, afin de l’empêcher de dénoncer au chanteur Diabaté un vol qu’ils avaient commis. Déférés devant le procureur, ils soutiendront la même version. Les investigations ont permis de découvrir qu’en fait, les deux jeunes hommes avaient volé une vache appartenant à leur patron, Abdoulaye Diabaté, auquel ils avaient fait croire que l’animal avait disparu. La vache a, par la suite, été revendue par les deux voleurs à un berger. Comme par miracle, l’animal s’est échappé de chez son nouvel acquérueur pour rejoindre le champ de Diabaté. S’étant mis à la recherche de la vache qu’il venait d’acheter, le nouveau propriétaire l’aperçoit dans le champ de Diabaté; il s’y présente tout naturellement pour récupérer son bien. Et il tombe sur le gardien Cissé qui est tout étonné de voir quelqu’un émettre des droits sur la vache et, surtout, prétendre qu’il l’avait achetée à Fousseyni et Souleymane, les deux collègues de Cissé. Ce dernier comprend alors que ses deux jeunes collaborateurs avaient volé la vache. Il prend la décision de les dénoncer à leur patron commun: le chanteur Abdoulaye Diabaté. De peur d’être dénoncés et, par voie de conséquence, de perdre leur emploi et leur liberté, les deux jeunes voleurs assassinent le pauvre et honnête Alassane Ag Aboubacrine Cissé.
Selon nos informations, depuis qu’il a appris le meurtre de Cissé, le chanteur Abdoulaye Diabaté est inconsolable. Alassane Ag Aboubacrine Cissé se trouve au service de Diabaté depuis une décennie. « Il était devenu un membre de sa famille », nous relate un témoin. Accusés d’assassinat, Fousseyni Bakayoko et Souleymane Sogoba ont été placés sous mandat de dépôt le mercredi 10 aout 2016.

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03. août
2016
Droits humains
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Mali : le diamantaire sous le bâton

Après avoir ramassé un diamant de 20 kg, Oumar Sabo a, contre toute attente, perdu le sourire. Je l’ai rencontré.

L’histoire commence un matin d’avril 2016. Ce jour-là, Oumar Sabo se trouve dans le village de Papara, situé sur le territoire ivoirien, près de la frontière malienne. Sabo décide de rejoindre des parents dans un hameau dénommé Allahmdouliilaye-Dadjan, qui dépend du village de Finkolo, dans la commune malienne de Fourou. Il loue les services d’un motocycliste qui le dépose au bord du marigot : la limite entre le Mali et la Côte d’Ivoire. Le reste du chemin ne consiste qu’à traverser le lit du marigot pour se retrouver dans le hameau. Oumar Sabo le fait donc à pied. Pendant la traversée du marigot, le jeune homme aperçoit une pierre qui brille comme le soleil. Pour avoir travaillé dans des mines traditionnelles, il y a quelques années, il comprend que la pierre brillante n’est rien d’autre qu’un diamant. Fou de joie, il ramasse la pierre et fonce dans le premier bureau d’achat de pierres précieuses de la localité.

Le gérant du bureau, Youssouf Poudiougo, le reçoit. Oumar Sabo lui présente sa pierre. Après avoir vérifié la trouvaille, Youssouf Poudiougo confirme qu’il s’agit bien d’un diamant de 20 kilos d’une valeur marchande de 40 milliards de FCFA ! Poudiougou offre d’acheter la pierre et propose à Oumar Sabo 40 milliards de FCFA. Il fait photographier Sabo, le futur milliardaire et promet de délivrer une attestation certifiant la réception du diamant par son bureau. Youssouf Poudiougo, profitant de la naïveté du jeune, lui dit d’attendre dans le bureau: « Je me rends de ce pas à Fourou pour légaliser l’attestation de réception que je viens de te signer ». Sabo attend donc, rêvant déjà de ce qu’il fera de la pluie de milliards qui s’annonce sur sa tête bénie. Quelques heures plus tard, Poudiougou revient avec une attestation. Problème: elle n’est pas légalisée. Pis, sur l’attestation (dont j’ai obtenu copie), il est mentionné que « Oumar Sabo reconnaît avoir reçu des mains de Oumar Sabo » la pierre précieuse.

Un non sens puisque l’attestation est censée prouver que la pierre a été remise à Poudiougou ! Ne sachant pas lire, Oumar Sabo ne comprend pas que son nom est répété deux fois sur l’attestation et la décharge. Vers 15h, ce même 2 avril 2016 Poudiougou prend dans son véhicule 4X4 Oumar Sabo pour Bamako avec la promesse de verser à Sabo le prix de vente de la pierre: 40 milliards. Dans le véhicule, Poudiougou fait entrer trois autres hommes. Des gaillards. Le voyage se passe bien jusqu’à l’entrée de Bamako. Poudiougou arrête le véhicule dans un endroit obscur et en descend au motif que c’est là que les 40 milliards lui seront remis. Dans la foulée, Poudiougou colle son portable à l’oreille, faisant mine d’appeler ses riches clients. Au même moment, les trois gaillards encerclent Sabo et le rouent de coups. Il est ligoté et laissé pour mort. Revenu à lui-même le matin, il pousse des cris de détresse qui attirent l’attention d’un passant. Celui-ci lui pose des questions. Après avoir raconté sa mésaventure, Sabo est détaché par le passant. Il rejoint en pleurant son village.

Un mois plus tard, guéri de ses blessures, l’infortuné diamantaire revient à Bamako pour réclamer sa pierre à Poudiougou qui le croit mort. Poudiougou est-il encore à Bamako ? Quelle preuve Sabo pourra-t-il utiliser pour le confondre devant la justice ? Sabo, décidé à récupérer sa pierre même au prix de sa vie, entend user de toutes voies de droit. Selon lui, une connaissance commune a appelé Poudiougou au téléphone; ce dernier aurait reconnu avoir fait bastonner Sabo qui, à ses dires, était en train de « perdre la tête ». Avec une pierre de 40 milliards, il y a de quoi, en effet, perdre ses esprits…

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Article : Prison de Kati: comment on arnaque les détenus
Droits humains
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28 juillet 2016

Prison de Kati: comment on arnaque les détenus

Suite à des informations faisant état d’arnaques subies par les détenus de la maison d’arrêt de Kati, au Mali, je me suis rendu dans cette prison pour en avoir le cœur net. Dans le couloir qui conduit à la salle de visite et en face du bureau du régisseur de la prison, un tableau noir renseigne sur « l’effectif journalier » des détenus. Le jour de mon passage, le mardi 21 juin 2016, j’apprenais ainsi que la prison de Kati accueille 261 détenus. Comme toutes les prisons du Mali, à Kati, on ne franchit aucun portique électronique avant de pénétrer dans l’enceinte de l’édifice. Il n’y a pas non plus de détecteurs de métaux auxquels se soumettraient d’éventuels visiteurs. On présente sa pièce d’identité et le permis de visite délivré par un juge pour avoir accès à la prison. S’ensuit une légère fouille au corps pour s’assurer que le visiteur ne porte pas sur lui un téléphone ou tout autre objet suspect.

100.000 FCFA pour sortir de l’enfer

Selon des détenus que nous avons interrogés sous couvert de l’anonymat, lorsqu’un détenu est admis à la maison d’arrêt de Kati, il est délibérément placé derrière une grille fort insalubre et très surpeuplée. La chaleur y est étouffante. Les corps en sueur sont allongés à même le sol ou sur des matelas crasseux qui s’en vont en lambeaux. Ces souffrances conditionnent le détenu à accepter un marché: payer la somme de 100. 000 FCFA pour bénéficier de conditions de détention plus souples. Lorsqu’il verse cette somme, il est immédiatement transféré dans une cellule propre, bien aérée et dotée de 17 lits. Dans cette pièce dotée de toilettes intérieures, chaque détenu a son lit. La dîme de 100.000 couvre le « loyer » pour toute la durée de la détention, à moins que celle-ci ne soit exceptionnellement longue et ne conduise à une petite rallonge.
L’arnaque ne s’arrête pas là. Selon les détenus, l’accès à la grande cour de la Maison d’arrêt nécessite le paiement de la somme de 15.000 FCFA. Moyennant quoi, pendant tout son séjour, le détenu peut se dégourdir les jambes aux heures d’insomnie ou d’ennui. Pis: tout visiteur à la prison doit payer 2000 FCFA aux gardes de service pour avoir le droit de communiquer avec les détenus. Les 2000 FCFA remplacent, au besoin, l’exigence d’un permis de visite. Cependant, nos interlocuteurs reconnaissent que l’alimentation est d’une qualité acceptable. Ils affirment aussi recevoir régulièrement des soins de la Croix Rouge malienne. Les détenus musulmans déplorent, pour leur part, l’absence de mosquée dans la prison, alors qu’une église y est bâtie. De quoi faire douter des statistiques qui font croire que le Mali abrite 99% de musulmans ! L’église en cause est l’œuvre d’une association chrétienne qui procède à des distributions régulières d’évangiles dans l’édifice carcéral. Les détenus estiment avoir des droits et souhaitent que le département de tutelle veille à leurs conditions de vie. Et ce n’est pas les pièces adéquates qui manquent à la maison d’arrêt ! Interrogé par nos soins, un garde pénitentiaire rit à gorge déployée. « Vous parlez de Kati, mais les mêmes pratiques sont observées dans toutes les prisons, à commencer par celle de Bamako-Coura ! ».

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Article : Mali, ce pays qui ignore que sans plante, il n’y a de vie sur terre
Education
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26 mai 2016

Mali, ce pays qui ignore que sans plante, il n’y a de vie sur terre

La communauté internationale a célébré le lundi 23 mai, la journée de la biodiversité. Ce billet, je l’écris pour apporter ma modeste contribution à la préservation de la biodiversité, c’est-à-dire l’ensemble des espèces vivantes présentes sur la terre (plantes, animaux, micro organismes etc.) Si, cette journée a été célébrée avec faste dans beaucoup de pays, elle est passée inaperçue dans mon pays, le Mali. Bien qu’une conférence débat ait été organisée par l’association « Amaguiré » pour le développement durable, les Maliens ne se sont pas mobilisés pour la biodiversité. Cette indifférence de mes concitoyens à l’égard de cette journée, illustre leur insouciance face à la question de la préservation de la nature.

Plante 2

En effet, la journée de la biodiversité est l’occasion pour nous autres habitants de la terre de connaitre les bienfaits de la nature. Ainsi, un peuple, avec à sa tête un gouvernement qui ignore cette journée, ignore tout autant les vertus de la nature. Cela se voit à travers l’agression quotidienne dont fait l’objet notre environnement. Dans mon pays, nous n’avons pas la notion du développement durable, ce concept qui consiste à exploiter les ressources naturelles tout en ayant le souci de la préservation des besoins des générations futures. L’état des lieux de la biodiversité au Mali, fait ressorti un tableau triste. On observe dans le silence total la dégradation de l’environnement.

Cette dégradation est provoquée par l’homme à travers les coupes anarchiques de bois, l’agriculture intensive avec l’utilisation d’engrais chimiques, les feux de brousse, l’incivisme. Tout ça malgré la prescription de la protection de l’environnement dans le Coran, dans un pays qui compte 70% de musulmans. Selon la direction nationale des Eaux et Forêts du Mali, mon pays perd chaque année 7 millions d’hectares de forêts. Par ailleurs, l’exploitation illicite du bois représente un manque à gagner de 75 à 100 milliards par ans. Toujours, selon le rapport, au Mali, il n’existe que 9,045 millions d’hectares protégés, soit seulement 7,23% du territoire.

Ce billet, je l’arrête ici avec des conseils à mes concitoyens et à tous les habitants du monde : sans plante, il n’y a pas de vie sur terre. Le fonctionnement de la planète et notre survie dépendent des plantes.  Chaque individu à un rôle à dans la préservation de la nature. Si, vous coupez un arbre, vous devez en planter deux. Un geste simple.

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Article : Mon pays a tué l’indépendance de la justice
Droits humains
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17 mai 2016

Mon pays a tué l’indépendance de la justice

La Constitution du Mali, en son article 81, stipule que le pouvoir judiciaire est indépendant des pouvoirs exécutif et législatif. Au Mali, cette disposition de la Constitution est morte de sa belle mort dans un contexte de rébellion armée contre l’Etat. Je me rappelle que l’ex-procureur général près la Cour d’appel de Bamako, Daniel Amaguoin Tessougué, qui avait déclaré  qu’aucun rebelle détenu ne serait libéré tant qu’il resterait chef du parquet général, a très vite déchanté.

Mon pays a tué l’indépendance de la justice
Mon pays a tué l’indépendance de la justice

En effet, lesdits détenus, affiliés à la CMA,  ont libérés dès les jours suivants. Qu’elles interviennent dans le cadre d’échanges de prisonniers ou pour apaiser le front du nord, les libérations sont exécutées par le pouvoir exécutif sans que la justice ne soit associée. Cela explique pourquoi lors de la session d’assises en cours, des terroristes comme Wadoussène ou autres programmés pour être jugés n’ont pas comparu, car tous libérés par l’exécutif.

J’estime qu’il faille sauver les formes en associant les juges à tout processus de libération. Cela ne coûterait rien : on pourrait par exemple informer par écrit le procureur général près la Cour d’appel! En tout cas, une meilleure coordination entre l’Exécutif et les autorités judiciaires éviterait de mettre en péril le prestige et la susceptibilité des juridictions. Je pense même qu’aucun rebelle ne devrait être libéré sans l’indemnisation préalable des victimes de la crise du nord. Une véritable réconciliation ne peut se construire sans justice.

 

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Article : Mali : Iyad, le vrai parrain de la CMA
Nord Mali
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7 mai 2016

Mali : Iyad, le vrai parrain de la CMA

En réalité, vouloir créer une différence entre la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et le chef terroriste Iyad Ag Ghaly relève d’une grande naïveté ou, pis, de la mauvaise foi. La CMA est au service d’Ançardine. Il existe entre les deux groupes un système de vases communicants où, selon les intérêts de l’heure, les combattants se recyclent en rebelles maliens avec lesquels il faut négocier ou en terroristes infréquentables. La France ne peut ignorer cette situation.

Mali : Iyad, le vrai parrain de la CMA
Mali : Iyad, le vrai parrain de la CMA

Si quelqu’un nourrit encore des doutes là-dessus, qu’il se réfère au récent appel lancé, par voie de presse, par l’Amenokal (chef traditionnel des Ifoghas) de Kidal et non moins député au parlement malien, Mohamed Ag Intallah. Il vient d’appeler à la négociation avec les « jihadistes » du Mali. A en croire l’Amenokal, si le Mali parvient à faire la paix avec ses propres « jihadistes », ceux-ci l’aideront à se débarrasser des « jihadistes » venus d’ailleurs. « Les Américains ont été obligés de parler discrètement avec les talibans (en Afghanistan), les Algériens ont discuté avec leurs islamistes.

Nous, pour avoir la paix définitive, nous devons parler avec les jihadistes maliens, leur dire que ce qu’ils font n’a rien à voir avec l’islam », conseille le député de Kidal. Et d’ajouter: « Ceux qui disent qu’il faut appliquer la charia, couper des mains, il faut qu’on leur prouve, par la discussion, qu’ils sont dépassés ». Mohamed Ag Intallah fait, ici, allusion à Iyad, à Amadou Kouffa et à leurs alliés d’Al-Qaïda au Maghreb islamique. Or, on se souvient qu’il y a à peine quelques mois, la CMA demandait l’application diligente des accords de paix d’Alger en vue de « mettre les terroristes hors d’état de nuire ».

Abdoulaye Guindo

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25. avril
2016
Nord Mali
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Iyad Ag Ghaly et le MNLA étalent leur complicité

Il a suffi que la force française Barkhane arrête quelques hommes officiellement affiliés au MNLA pour qu’en riposte, le chef terroriste  d’Ançardine enlève 3 agents humanitaires de la Croix Rouge. La suite est encore plus édifiante sur la complicité opérationnelle entre les terroristes et les rebelles.

IyadSuite à l’intervention militaire française de janvier 2013, le MNLA, mouvement indépendantiste du nord-Mali, a été considéré comme un groupe non terroriste avec lequel le Mali devait négocier. Usant de ce blanc-seing, plusieurs terroristes touaregs, pour échapper aux foudres des soldats français et onusiens, ont vite rejoint les rangs du MNLA. Dans plusieurs articles, la presse nationale avait attiré l’attention sur cette combine qui se tramait au nord. Cela n’a pas, hélas!, permis de faire comprendre à la communauté internationale que les  Ag et Ould qui s’affichent au MNLA sont les mêmes qui animent le groupe terroristes Ançardine et ses alliés. Les événements qui se déroulent depuis quelques semaines viennent conforter la connexion absolue entre le MNLA et le groupe terroriste Ançardine d’Iyad Ag Ghaly.

Lors du 3ème congrès du MNLA tenait, dans un message adressé aux congressistes, le chef terroriste Iyad Ag Ghaly classe l’Etat malien et la France au rang de « premiers ennemis du peuple de l’Azawad ». Pour lui, la victoire sur l’Etat du Mali va de pair avec le combat contre la France. Précisant ses liens avec le MNLA, Iyad Ag Ghaly déclare: « Nous ne combattons pas le MNLA, ni ses sympathisants; nous combattons une partie du MNLA qui appuie la France et Barkhane…

Quelques jours plus tard, le 12 avril, 3 soldats français meurent. Ançardine revendique l’attentat. C’est une exécution claire des menaces proférées par Iyad dans son message aux congressistes du MNLA. Suite à ce drame, les Français ouvrent une enquête qui aboutit à l’interpellation, le même mardi 12 avril, de 8 combattants du MNLA. Le 16 avril, coup de théâtre : 3 travailleurs humanitaires de l’antenne malienne du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) sont enlevés. Le lendemain 17 avril, Ançardine revendique l’enlèvement. A travers la voix d’un de ses responsables, Nourredine Ag Mohamed, le groupe terroriste exige que la force française Barkhane libère Miyatène Ag Mayaris, un combattant d’Ançardine détenu par les soldats français. Curieusement, les populations de Kidal, pourtant contrôlées par le MNLA, manifestent le 18 avril  pour protester contre ce qu’elles appellent des « arrestations arbitraires » effectuées par les soldats français. Les manifestants entrent par effraction, sur la piste de l’aéroport, saccageant et mettent le feu aux installations sécuritaires. Les choses s’éclaircissent davantage quand ces manifestants exigent des Français de libérer tous leurs détenus, coupables de crimes ou non. Dans le communiqué qu’ils diffusent dans la foulée, ils « rappellent » à l' »ex-colon français » que « le peuple de l’Azawad se trouve sur son territoire ».

C’est sous cette forte pression que la force Barkhane libère, le 20 avril 2016, le nommé Ghya Ag Intawa. En contrepartie de cette libération, Ançardine procède aussitôt à la libération des 3 humanitaires que ce groupe terroriste avait enlevés. Conclusion: les manifestants se battaient, sans le dire, pour le compte d’Ançardine. Or, ils n’auraient jamais voulu ni pu manifester sans l’aval du MNLA qui, avec ses alliés du HCUA, contrôlent Kidal et jurent n’avoir aucun lien avec Ançardine. La libération des 3 humanitaires par Ançardine prouve le contraire : elle montre que ce groupe terroriste a obtenu, ne serait-ce qu’en partie, satisfaction et que l’homme libéré par la force Barkhane est un terroriste dont la libération était pourtant réclamée par les manifestants du MNLA.

 Abdoulaye Guindo

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Article : Lutte contre les violences faites aux femmes : Doniblog joue sa partition
Droits humains
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10 avril 2016

Lutte contre les violences faites aux femmes : Doniblog joue sa partition

La communauté des bloggeurs du Mali (DONIBLOG) que, ma modeste personne préside,  a procédé, le 9 avril, à la remise de prix aux lauréats de notre concours d’art graphique sur la lutte contre les violences faites aux femmes. La cérémonie a eu lieu au restaurant « Sleeping Camel »,  Badalabougou. En plus des membres  de la communauté, la cérémonie a enregistré la présence de Tidiane Togola, directeur exécutif de « Democracy Tech Squad », le partenaire financier du projet, des lauréats et de bloggeurs.

Blog22

Ce concours entrait dans le cadre du 8 mars, Journée Internationale de la Femme. La communauté  avait ouvert, à l’intention des internautes, un concours d’art graphique. Il s’agissait pour les candidats de proposer des images illustrant la lutte contre les violences faites aux femmes. Après avoir reçu plusieurs candidatures, 2 logos ont été choisis et soumis au vote des internautes. A l’issue du vote qui a duré 1 mois, Seydou Traoré avec 1923 « likes » (mention « aime ») a occupé la 1ère place et Ange Marie Dakouo la seconde avec 1659 « likes ».

Chaque lauréat a eu droit à un téléphone portable androïde.  A travers ce concours la communauté entendait soutenir la lutte contre les violences faites aux femmes. L’année 2015 a été très éprouvante pour les femmes maliennes. Le Mali a enregistré 3 cas d’assassinat suite aux violences conjugales.

Nous estimons que ces images qui feront le tour des réseaux sociaux permettront aux Maliens de comprendre qu’il faut taper sur des tam-tams et non sur les femmes. Si, les femmes sont  considérées comme le sexe faible, il faut reconnaitre que se sont-elles qui enfantent les hommes qui font la force de l’humanité. Le directeur exécutif de « Democracy Tech Squad » a salué l’initiative de la communauté et promet de perpétuer sa collaboration avec les bloggeurs du Mali.

 

 

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05. avril
2016
Politique
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Sociétés de sécurité privées au Mali: quelle efficacité ?

Après les attaques terroristes menées  contre le restaurant « La terrasse » et  l’hôtel « Radisson » de Bamako, la question de la sécurisation des lieux publics et privés se pose avec acuité. L’immensité du territoire national et le nombre insuffisant des forces de sécurité empêchent l’Etat de sécuriser au maximum les éventuelles cibles, si tant est qu’elles puissent échapper à un terroriste décidé à mourir. La plupart des établissements privés ont donc recours aux services de sociétés privées de gardiennage. L’Etat doit-il encourager cette évolution ?

Gardiennage

Un agent privé de sécurité a pour fonction d’assurer la sécurité des biens meubles et immeubles ainsi que celle des personnes. Il assume des missions d’accueil, de contrôle d’accès, de surveillance, de respect des consignes de sécurité, d’intervention de première urgence, d’alerte ou de guidage des équipes de secours, de rédaction des rapports d’événements ou d’activités. L’agent de sécurité peut être spécialisé dans un ou plusieurs domaines (sécurité aéroportuaire, surveillance humaine, transport de fonds, etc.). Au regard des faiblesses en nombre et en équipement des forces de l’ordre étatiques, les agents privés de sécurité  (on les appelle aussi « vigiles »)  jouent un rôle croissant dans la sécurisation des établissements publics et privés. Postés devant les banques, supermarchés et autres lieux fréquentés par le grand public, les agents de gardiennage tentent de leur mieux de prévenir les attentats et les cambriolages. Malheureusement, leurs conditions de vie et de travail laissent à désirer, ce qui hypothèque gravement  leur efficacité.

 Précarité des agents

Le jeudi 31 mars 2016, je débarque à Hamadallaye ACI 2000, Bamako, un quartier qui regorge d’importantes d’entreprises. ST, la trentaine, accepte de s’ouvrir à moi, après un moment d’hésitation: « J’étais lycéen, en classe de Terminale. Mes parents ayant du mal à survivre, j’ai dû abandonner les études pour me lancer dans la quête d’un emploi. Un monsieur m’a proposé un travail de gardiennage avec un salaire de 40.000 FCFA. J’ai accepté, même si cette somme me permet à peine d’acheter un sac de riz pour mes parents. Depuis, je suis là de 8 heures à 18 heures ».

MK, également gardien, travaille dans la même précarité. Il déplore sa situation professionnelle mais il préfère rester en poste que de dormir à la maison. « Ça fait 4 ans que je suis vigile; je n’ai jamais eu de congé, de prime ni d’autres gratifications du genre ».

Un autre agent de sécurité me confie: « Je fais ce travail depuis 1 an. Mon patron nous avait  donné, à moi et mes collègues, des numéros qu’on pensait être des numéros d’affiliation à  l’INPS, mais à notre grande surprise, nous nous sommes rendu  compte qu’aucune cotisation n’avait été versée à la structure et que nous ne bénéficions, en fait, d’aucune sécurité sociale ».

 Equipement sommaire

 Mal payés, dépourvus de possibilités d’avancement, les agents de sécurité privés sont, en outre, ballotés d’un quartier à l’autre selon les besoins du service et au gré des ruptures ou passations de contrats des sociétés qui les emploient. Résultat: ils connaissent mal leur nouvel environnement géographique, ce qui nuit à la qualité de leur travail. Un patron d’agence fait cependant remarquer que les clients ont le loisir de demander que tel ou tel agent reste à leur service mais « en pareil cas, l’agent se familiarise avec le client et  ne travaille plus en professionnel ».

Autre faiblesse des entreprises de sécurité maliennes: elles n’ont pas  le droit d’équiper en armes leurs agents. Seule la société « Escort », qui garde, entre autres, le « Radisson », possède des fusils. Or, les matraques et les bâtons ne sont pas de nature à arrêter d’éventuels assaillants. C’est peut-être parce qu’elles doutent des agences de sécurité privées que la plupart des banques utilisent une astuce: elles demandent le service de gendarmes ou de gardes nationaux auxquels elles allouent un salaire mensuel, sans préjudice de la solde versée par l’Etat. Du coup, dans les casernes, il y a une compétition sauvage pour obtenir d’être affecté à la sécurité d’une banque ou d’un établissement financier. L’idée de service public, qui doit habituer toute force de l’ordre, y survivra-t-elle ?

Nouvelle politique ?

 Malgré leurs insuffisances, les entreprises de sécurité privées jouent un rôle positif dans la prévention de la criminalité. Incapable d’assumer ses missions régaliennes de sécurité dans toute leur plénitude, l’Etat malien devrait encourager le secteur privé qui, aujourd’hui encore, souffre d’un déficit d’encadrement légal. Que coûterait à l’Etat d’initier les lois et décrets tendant à réglementer la sécurité privée et l’usage des armes par les agents qui œuvrent dans ce domaine ?

 Abdoulaye Guindo

 

 

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C’est la vraie marque d’un philosophe que le sentiment d’étonnement

Auteur·e

L'auteur: Guindo Abdoulaye
Je me nomme Abdoulaye Guindo, diplômé de l’École Normale Supérieure, option Philosophie. J’évolue déjà dans le domaine du journalisme. Cependant, la ligne éditoriale du journal m’empêche d’écrire certaines choses qui pourtant doivent être dénoncées, voila pourquoi,je me suis lancé dans le blog. J'espère ainsi contribuer à soigner l'image de mon pays.

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