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Togouna News
24. nov.
2015
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Pourquoi le Mali est-il la cible des terroristes ?

Le vendredi 20 novembre 2015, à 6heures 30 min, l’Hôtel Radisson Blu, situé au cœur de l’ACI 2000 à Bamako, très fréquenté par les étrangers, fut l’objet d’une attaque terroriste. Selon un bilan donné par le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, l’attaque a fait environ une vingtaine de morts et plusieurs blessés. Cette attaque du Radisson Blu vient après celles du restaurant « la Terrasse de Bamako » et d’un autre hôtel dans la ville de Sévaré située au centre du Mali.
Face à la récurrence de ces attaques terroristes sur notre territoire, la majeure partie des maliens veulent comprendre pourquoi le Mali, un Etat musulman, fait l’objet de ses nombreuses attaques terroristes. La réponse semble être toute simple : le Mali à mon humble avis, symbolise l’échec des groupes djihadistes dans leur volonté d’installer un califat africain. On se rappelle que les djihadistes de tout acabit, MUJAO, Ançar Dine, AQMI avaient en 2012 occupé une partie du territoire malien. Fort de leur puissance, les djihadistes ont nourri le rêve, après l’Afghanistan, de bâtir un califat djihadiste au Mali.

 

En janvier 2013, les djihadistes salafistes lancent une offensive sur Ségou et Mopti au sud du Mali. Cette attaque provoque l’entrée en guerre de la France, sur la demande du président de la transition de l’époque Dioncounda Traoré. En quelques jours, les islamistes sont repoussés à Konna et Diabaly, puis Gao et Tombouctou sont reprises. Les forces djihadistes en déroute abandonnent les villes. Cette défaite met fin à la volonté des djihadistes de bâtir un califat au Mali. Dès lors, les terroristes accusent le Mali d’avoir pactisé avec le diable occidental pour tuer des frères musulmans et promettent des représailles.

 

Ainsi, toutes ses attaques sont la preuve que les djihadistes veulent faire payer à notre pays, ce qu’ils considèrent comme une trahison. Malheureusement, mon petit doigt qui me trompe rarement me dit que les attaques vont continuer. Pour prévenir de prochaines attaques, la vigilance reste la seule solution. En outre, il ne faut pas céder à la panique. Pour cela, la vie doit très vite reprendre à Bamako. Pour l’instant, je rends hommage à toutes les victimes de la barbarie.

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17. nov.
2015
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Attentats de Paris ou le « 11 Septembre français »

Suite à la prise d’otage du site gazier Algérien d’In Amenas», qui s’est terminé en bain de sang, Cherif Ouazani, du journal « Jeune Afrique », écrivait dans l’un de ses articles que l’Algérie venait de vivre son « 11 Septembre ». Avec un bilan de 37 otages et 29 terroristes tués, cette attaque terroriste, aux dire du journaliste à bien des égards, avait des allures de 11 Septembre.

 

Trouvant ce qualificatif à propos, je me suis amusé à qualifier de « 11 septembre Kenya, l’attaque contre l’université de Garissa qui avait fait t 152 tués, dont 142 étudiants, 3 policiers, 3 militaires, et 4 terroristes. Ce pays Africain aussi venait de subir l’attentat le plus meurtrier de son histoire. Cependant, j’avais nourri l’espoir qu’ayant pris conscient de la terreur que propageaient les djihaidstes, les dirigeants du monde prendraient toutes les dispositions pour que plus jamais, il ait un autre 11 septembre.

 
Malheureusement, le vendredi 13 novembre 2015, au moment, où, je suivais la rencontre amicale entre la France et l’Allemagne, j’apprends qu’une vague d’attentats venait de frapper Paris. Entraînant la mort d’au moins 129 personnes, cette vague d’attaques reste la plus meurtrière de l’Histoire de la France. Je me permets d’appeler ce vendredi qui restera à jamais marqué dans la mémoire de tous les défenseurs des valeurs humaines, le « 11 septembre français ». Si, ce vendredi noir peut être considéré comme le « 11 septembre français », je me permets encore d’appeler le Bataclan qui a enregistré 89 morts, le « Ground Zéro ». Ils ont entre 17 et 55 ans, sont français, chiliens, américains… Les victimes du commando djihadiste venaient de tous les horizons.

 
A l’image des américains, je demande aux Français et à la France de ne pas céder à la panique. Pour cela, en plus de la vie qui a très vite repris à Paris, le « Bataclan » doit être très vite remit sur pied pour encore des spectacles plus festifs. Pour que raisonne les chansons à la gloire de la liberté de penser. Quant à nous autres du reste du monde, il reste qu’à nous mobiliser pour que plus jamais, un autre « 11 septembre » ne voie le jour. Pour l’instant, je rends hommage à toutes les victimes de la barbarie et qu’elles sachent que leur mort ne sera pas vaine. Que vos âmes reposent en paix ! Amen.

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Article : Enquête : que  deviennent les ex-ministres du président  IBK
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14 novembre 2015

Enquête : que deviennent les ex-ministres du président IBK

Depuis son accession à la magistrature suprême, le 4 septembre 2013, Ibrahima Boubacar Kéita ne cesse de surprendre. Lui que l’on disait pétri de certitudes ne cesse de changer de politique, mais surtout de ministres. Au point de désorienter ses plus fidèles compagnons qui voient dans cette instabilité un signe d’hésitation et de faiblesse. En deux ans d’exercice du pouvoir, IBK a remanié trois fois (pas moins!) le gouvernement, sans compter un léger et récent réaménagement technique. Ces changements ont, nul besoin de le dire, occasionné des départs et des arrivées de ministres, donc des bienheureux et des malheureux. Au cours des différents changements, certains ministres ont eu la chance de ne pas quitter le navire gouvernemental; en revanche, une bonne quinzaine a été débarquée, parfois de force et sans crier gare. Les partants n’ont pas eu, après leur départ, les mêmes opportunités de réinsertion: quelques-uns ont été recasés par IBK; d’autres, oubliés, se retrouvent au chômage sans pouvoir espérer une allocation-chômage, celle-ci n’existant pas sous nos tropiques. Une troisième catégorie de ministres débarqués ont pu trouver d’eux-mêmes un point chute, les parachutes dorés n’ayant pas encore fait leur apparition dans le ciel malien. Nous nous sommes intéressés aux nouvelles activités des ministres renvoyés du gouvernement.

 

Les « ex » les plus heureux

 
Le sort réservé à certains des partants permet de croire que la raison de leur départ du gouvernement n’était pas une colère d’IBK, mais qu’ils ont dû partir sous la pression des événements ou par choix stratégique du président. Parmi eux, on trouve des recasés de luxe comme l’ex-putschiste, le général Moussa Sinko Coulibaly. Nommé ministre de l’Administration Territoriale dans le gouvernement de transition en 2012, il a conservé ce poste jusqu’à l’élection d’IBK dont il s’est publiquement réjoui. Le nouvel élu le reconduira dans ses fonctions au sein du gouvernement d’Oumar Tatam Ly. N’ayant pas été reconduit dans le gouvernement de Moussa Mara, formé en avril 2014, Coulibaly est bombardé, en mai 2014, Directeur Général de l’Ecole de Maintien de la Paix Alioune Blondin BEYE (EMPABB). Il n’a pas trop à se se plaindre de son nouveau statut puisque la plupart de ses ex-compagnons de putsch croupissent, depuis belle lurette, en prison sans que l’on sache quand ils seront élargis ou jugés.
Ousmane Ag Rhissa, qui ministre de l’Environnement et de l’Assainissement dans le gouvernement Tatam Ly, a été remplacé par Abdoulaye Idrissa Maiga, actuel ministre de l’administration du territoire. Après un an d’attente, donc de diète, Ag Rhissa, ingénieur des sciences appliquées de son état, est nommé, le 4 septembre 2015, ambassadeur du Mali en Côte d’Ivoire. On ne sait pas cependant si ce ressortissant du nord aime les plats ivoiriens, notamment la banane plantin, l’atiéké et le manioc…
Bruno Maïga, ministre de la Culture dans le gouvernement Tatam Ly, viré de son poste sou Mara, a été lui aussi recasé comme diplomate. Après sa nomination, en fin janvier 2015, comme ambassadeur du Mali en Italie, il a officiellement pris ses fonctions le 18 février 2015. La diplomatie, on le voit, devient un parterre de reconversion très prisé par les anciens dignitaires politiques. Pas de quoi réjouir les diplomates de carrière qui épuisent parfois leur carrière sans diriger la moindre ambassade… Le ministre délégué auprès du ministre du Développement rural, chargé de l’Elevage, de la Pêche et de la Sécurité alimentaire, Nango Dembélé, ne se plaint pas d’avoir perdu son portefeuille. En effet, immédiatement après son départ du gouvernement, le président IBK le nomme commissaire à la Sécurité Alimentaire (CSA). Rattaché à la présidence, Nango Dembélé a pour missions de prévenir et gérer les crises alimentaires au Mali. On raconte que dans son nouveau refuge, il y a à boire et à manger… L’ex-ministre en charge de l’Industrie et de la Promotion des Investissements, Moustapha Ben Barka, a perdu son poste lors de la formation du gouvernement Modibo Kéita. Annoncé à la tête d’une des banques publique de la place (BDM, BMS, BNDA), il a finalement a été nommé Secrétaire Général Adjoint de la présidence de la république avec rang de ministre, ce qu’on n’avait jamais vu. Il a remplacé à ce poste Seydou Nourou Kéita, un baron du RPM.

 

Ceux qui se sont débrouillés

 
Ils ne sont pas nombreux, ces anciens ministres qui se trouvé à la force des bras un point de chute. Dans cette catégorie figure l’ancienne ministre de l’Education nationale, Jacqueline Togola: sortie du gouvernement à la surprise générale, l’enseignante à la retraite arrive à gagner les élections législatives partielles organisées en commune 5 de Bamako pour remplacer la défunte députée Oumou Simbo Kéita.
Ousmane Sy, ministre en charge de la Décentralisation, n’a pas mis, après son départ du gouvernement Moussa Mara, de temps à se reconvertir. Il a rejoint le Centre d’Expertises Politiques et Institutionnelles en Afrique (CEPIA) qu’il dirige depuis janvier 2004. Il coordonne aussi l’Alliance pour Refonder la Gouvernance en Afrique. En plus de ces fonctions, Ousmane Sy est enfin très actif au Centre d’Etudes et de Réflexion du Mali (Cerm), une structure qui entend contribuer à la réhabilitation des activités intellectuelles et à la réflexion sur des sujets majeurs au Mali et sur le continent.
A l’image de Sy, Moussa Mara trouve à s’occuper dans le monde associatif. Mais il a une autre spécialité: il ne cesse de parcourir le pays dans le cadre d’une campagne électorale qui ne dit pas son nom et qui, peut-être, le propulsera à Koulouba à l’horizon 2018. La rapidité avec laquelle Oumar Tatam Ly a, après sa démission de la primature, repris du service atteste qu’il n’avait jamais quitté, en réalité, son ancien poste à la BCEAO. Après sa passation de services avec Moussa Mara, il a été rejoint son domicile à bord d’un véhicule de la BCEAO qui l’attendait à la porte de la primature. Aujourd’hui, Oumar Tatam Ly, outre son poste à la BCEAO, préside le conseil d’administration de la société de transfert monétique Western Union (section Afrique). Il n’y meurt guère de faim, nous dit-on. Mahamadou Camara, ex-ministre de l’Economie Numérique, de l’Information et de la Communication, est, après son départ du gouvernement, revenu à son premier métier: le journalisme. Il édite à Bamako un journal gratuit. Il semble toujours proche d’IBK qu’il accompagne parfois à l’étranger.

 

Les « ex » devenus chômeurs

 

Les ex-ministres qui sont venus grossir les rangs des chômeurs sont les plus nombreux. L’ex-ministre de la Défense, Soumeylou Boubèye Maiga, en fait partie. Victime collatérale de la défaite de l’armée à Kidal, le 21 mai 2014, il est devenu, aujourd’hui, un spécialiste des réunions politiques. C’est lui qui représente presque toujours son parti (ASMA) aux rencontres organisées par soit le ministère de l’Administration Territoriale ou la Mouvance Présidentielle. Mais Boubèye a l’habitude de ces situations intermédiaires dont il se sort presque toujours: il aurait d’ailleurs pu craindre pire!
Mme Bouaré Fily Sissoko, la puissante ministre des Finances balayée de son poste par le scandale de l’avion présidentiel et des équipements militaires, se morfond pour l’instant à domicile. Elle a même été auditionnée au pôle économique. Gageons cependant que notre ex-grande argentière ne manque pas déjà de prix de condiments…
Sada Samaké, qui vient, à la faveur d’un remaniement technique du gouvernement, de perdre son poste de la Sécurité Intérieure, ferait bien de prendre son mal en patience. Car contrairement à d’autres, il a des amitiés avec IBK et n’a été renvoyé que pour incompétence notoire. Apparemment, l’assurance qu’il a donnée devant le parlement qu’il n’y aurait pas de putsch tant qu’il serait à son poste n’a pas ému en haut lieu.
Un gros contingent d’ex-ministres tombés dans le chômage ne doit pas être oublié. Parmi eux, Bocar Moussa Diarra, ex-ministre de la Fonction publique; Abdoulaye Koumaré, général putschiste et ex-ministre de l’équipement; Moustapha Dicko, ex-ministre de l’Enseignement Supérieur ; Madani Touré, ex-ministre du Budget; Berthé Aïssata Bengaly, ex-ministre de l’Artisanat… Les compères doivent sans doute garder l’œil rivé au petit écran pour le cas où IBK les rappellerait. Mais avec ses périples à l’étranger et ces communiqués du PARENA qui lui savonnent la planche, pas sûr que le grand chef retrouve vite toute sa mémoire. Mamadou Diarrah, renvoyé, pour ses amitiés avec Tatam Ly, de son juteux poste de la Réconciliation Nationale et de la Reconstruction du Nord a, pour sa part, raté le train: c’est lui qui aurait eu à gérer les 2000 milliards de FCFA de fonds européens dont une bonne part aurait servi à développer le nord!

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Article : Cube alimentaire «Bara Muso»: le fabricant écoule des produits périmés
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10 novembre 2015

Cube alimentaire «Bara Muso»: le fabricant écoule des produits périmés

A côté des bouillons alimentaires traditionnels dénommés « Cube Maggi » et « Cube Jumbo » produits par des firmes étrangères, les ménagères maliennes ont accueilli avec enthousiasme un produit fabriqué au Mali par des Maliens: le bouillon « Bara Muso ». Nos sœurs, épouses et mamans n’ont jamais pensé que le bouillon « Bara Muso » avait quelque chose à envier à ses concurrents. Le succès du bouillon « Bara Muso », qui ne cesse de passer des pubs télévisées, est-il monté à la tête du fabricant.

J’ai constaté, à mon grand étonnement, la présence sur le marché de bouillons « Bara Muso » portant deux dates différentes de péremption. Sur le bouillon de tomate, un autocollant en papier porte la date de fabrication et de péremption. Sur cet autocollant en papier, il est mentionné : « Date de fabrication : août 2014; date de péremption : août 2018 ». Or, sur des bouillons anciennement commercialisés, les dates de fabrication sont inscrites, non pas sur un autocollant, mais sur le sachet lui-même. Pourquoi donc cet autocollant ? Ma curiosité piquée au vif, je décide de décoller l’autocollant pour regarder en dessous. Surprise: là figure la vraie date de péremption du bouillon de tomate: juillet 2014. En clair, l’autocollant, qui ramène la date de péremption à août 2018, cache la vraie date de péremption: juillet 2014, soit 4 ans de rallonge !

Ni une, ni deux: je me suis rendu dans plusieurs marchés de la capitale pour vérifier si d’autres bouillons « Bara Muso » portent des autocollants si grossièrement mensongers. Partout où je suis passé, j’ai mis la main sur des sachets périmés dont la date de péremption est cachée par un autocollant mensonger. Interrogées, plusieurs vendeuses du produit nous diront n’avoir pas fait attention à cette combine.

A la question de savoir si elles ne sont pas à la base de la fraude, les vendeuses me déclarent : « Les bouillons nous sont livrés tels quels par les agents de Bara Muso; nous n’y changeons absolument rien  ! » Tout, porte donc à croire que pour écouler ses bouillons de tomate périmés, la société a confectionné des autocollants bidonnés. Les ménagères utilisant les bouillons étant à 90 % analphabètes, elles ne font pas attention à cette fraude industrielle à grande échelle. Et tant pis si le consommateur final -les foyers maliens – s’intoxique !

Pour avoir la version des faits de la société SAK, fabricant du bouillon, j’ai sollicité et obtenu une audience. Nos interlocuteurs de la direction commerciale reconnaissent d’entrée de jeu que c’est bel et bien la société qui a collé les autocollants portant une nouvelle date de péremption que celle qui figure sur le sachet du bouillon. La raison ? « Notre société commande en Chine les emballages du bouillon portant la date de péremption. Or, un moment, le bateau transportant les emballages s’est égaré pour se retrouver en Érythrée ; les emballages nous ont donc été livrés en retard. Ne voulant pas perdre l’argent injecté dans l’achat des emballages, nous avons jugé bon de les utiliser. En fait, le bouillon lui-même n’est pas périmé; c’est la date des emballages qui est erronée ».
Cet argumentaire ne me convainc guère dans la mesure où la date de péremption concerne le produit et non l’emballage. De surcroît, selon nos informations, la société fabricante, pour utiliser les autocollants portant de nouvelles dates de péremption, avait sollicité l’autorisation de la direction nationale de l’industrie. N’ayant pas reçu l’autorisation demandée, la société a décidé de passer outre.

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Article : Contrôle physique des agents de l’Etat: Le gouvernement publie un rapport  fictif
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3 novembre 2015

Contrôle physique des agents de l’Etat: Le gouvernement publie un rapport fictif

 

Le gouvernement du Mali avait organisé, courant octobre, novembre et décembre 2014, un contrôle physique des agents de l’Etat. Cette opération a concerné les fonctionnaires civils et militaires, les contractuels de l’Etat ainsi que les fonctionnaires des collectivités territoriales. Procéder à une purge et détecter les agents fictifs de la fonction publique malienne, qui gonflent la masse salariale et qui ruinent les caisses de l’Etat, étaient, entre autre, les objectifs de ce contrôle physique.

 
Acculé, par la suite, sur le retard pris dans la publication du rapport de contrôle physique, le département en charge de la fonction publique a procédé, le jeudi 29 octobre 2015, à cette publication. Donc, une année après le fameux contrôle physique, le ministère publie une liste de fonctionnaires et agents supposés être fictifs. La sanction accourue est la suspension des salaires, jusqu’à ce que les intéressés se présentent en personne à la fonction publique. Les premières réactions suite à la publication de ce rapport attestent à quel point il est tiré par les cheveux. Un véritable travail d’amateur!

 
En effet, plusieurs fonctionnaires et agents de l’Etat ayant pris part au contrôle physique se retrouvent sur la liste des personnes déclarées fictives et dont le salaire doit être suspendu. Si l’erreur concernait quelques personnes, cela pourrait se comprendre; mais là, plusieurs dizaines de personnes physiquement contrôlées figurent sur la fameuse liste ! « C’est le rapport du gouvernement qui est fictif », se marre une victime.

 

Les observateurs les plus avisés de ce processus de contrôle physique ne sont pas surpris cette bourde de l’Etat. On se rappelle que le contrôle avait été très mal organisé, avec des rangs interminables et des lenteurs incroyables dans le recensement. Tout compte fait, les agents de l’Etat injustement mis sur la liste préparent une descente dans les locaux du département pour manifester leur mécontentement.

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Article : Il ne faut pas mourir pour le Mali
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30 octobre 2015

Il ne faut pas mourir pour le Mali

Pendant, la guerre d’occupation de mon pays le Mali, nous avons assisté à un phénomène nouveau chez nos soldats : ce phénomène n’était autre que l’interminable « repli tactique». Traités de poltrons, nos soldats fuyards pour justifier leur attitude avançaient très souvent comme argument l’inutilité de mourir pour le Mali du 21e siècle. Pour eux, les autorités actuelles ont perdu toute notion de reconnaissance du mérite.
Ceux qui se sacrifient pour ce pays ne sont plus magnifiés. Je défends cette bien qu’à une époque récente, je ne l’a partageais pas. Ma nouvelle position s’explique tout  par plusieurs constats faits au quotidien. C’est triste pour moi de le dire dans ce billet, mais force est de croire que la reconnaissance du mérite et le devoir de mémoire font défaut sous nos tropiques.

La reconnaissance du mérite pour magnifier les meilleurs d’entre nous et cultiver l’envie d’être meilleur. Quant au devoir de mémoire, il nous oblige à immortaliser ceux qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour notre pays. Hélas, ceux qui meurent pour le pays ne sont plus célébrés. Le sort réservé aux familles des administrateurs froidement égorgés le 17 mai 2014, lors de la visite du premier ministre Moussa Mara, illustre à merveille notre position.

Les parents de ces victimes sont indignés du sort réservé à leurs proches qui ont donné leur vie  pour le Mali. Aucun acte posé jusque-là pour les immortaliser. Que dire des promesses non tenues par les autorités en faveur des épouses et enfants de ceux-ci. Des hommes sont morts dans une circonstance exceptionnelle, les autorités avaient promis aux épouses et enfants une prise en charge pour soulager leur cœur. Plus d’une année après, il n’en est rien. Faites un tour dans certaines de ces familles, vous constaterez le calvaire dans lequel vivent enfants et épouse.

Pourtant, triste est de constater que, les délinquants financiers sont célébrés et même chantés par les griots modernes. Je reconnais qu’une nation forte a pour socle, le sacrifice de ses fils. Mon pays est une nation affaiblie parce que ces fils refusent de se sacrifier. Comment voudriez-vous qu’ils acceptent de mourir pour la nation, lorsqu’on meurt pour rien. Tant que les choses ne changent pas, fuir et fuir sera la devise des Maliens.

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Article : Les Maliens n’aiment pas la France, mais aiment ses milliards
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26 octobre 2015

Les Maliens n’aiment pas la France, mais aiment ses milliards

Les fameux artistes ivoiriens communément appelés les « DJ » utilisent très souvent dans leur chanson la boutade suivante : « Les gens n’aiment pas les gens, mais les gens aiment l’argent des gens ». Cette boutade pourrait parfaitement illustrer le comportement des Maliens vis-à-vis de la France. Ici, au Mali, en raison de sa gestion de la ville de Kidal, on n’aime pas France, mais à travers une mobilisation populaire nous venons d’accepter ses milliards. Donc, les Maliens n’aiment pas la France, mais aiment son argent.

A l’occasion du retour du président Ibrahim Boubacar Keita de la France, les Maliens sont sortis par milliers pour l’applaudir et dire merci à la France pour les milliards promis par son président François Hollande. On se rappelle qu’après l’occupation des régions nord du Mali par les forces obscurantistes, mes compatriotes et moi avions accueilli avec enthousiasme, la guerre de libération lancée par les forces françaises. Cependant, très vite, nous avions déchanté, lorsqu’à leur arrivée aux portes de Kidal, nos forces armées et de défense ont été empêchées d’y accéder.

Tout le peuple malien pointa un doigt accusateur vers la France, qui quelques semaines avant était fêtée dans toutes les familles. Pour matérialiser cette accusation, les drapeaux français qui flottaient sur les voitures et concessions avaient été incendiés. La France accusée d’être de connivence avec les ennemis de Kidal, est traitée de tous les péchés d’Israël. Certains d’entre nous sont allés jusqu’à décréter le boycott des produits d’origine française. Cette haine vis-à-vis de la puissance coloniale, apparemment, vient de s’estomper avec la visite d’Etat que vient d’effectuer Ibrahim Boubacar Keita.

Qu’allons-nous faire maintenant ?

En effet, au cours de cette visite d’Etat, la France a promis de rester en première ligne dans l’aide au développement du Mali. François Hollande a précisé que l’investissement hexagonal au développement du Mali s’élèverait à 360 millions d’euros (392,15 millions de francs) entre 2015 et 2017. Cette annonce est venue littéralement balayer du cœur des Maliens toute la haine contre la France. Raison pour laquelle, nous, Maliens avions ressorti à nouveau les drapeaux français pour accueillir le président Ibrahim Boubacar Keita.

Sur tout le long du cortège, on entendait des cris du genre « merci la France », « merci IBK », etc. Qu’allons-nous faire maintenant, que nous avons accepté les milliards de la France ? Allons-nous continuer à détester la France et aimer ses milliards ? A Kidal, c’est toujours le statu quo, la raison pour laquelle, on n’aime pas la France prévaut toujours. On n’a pas le choix, la France doit être la bien-aimée ou alors refusons son argent et continuons à la haïr.

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Article : Le Mali, terre de justice archaïque
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19 octobre 2015

Le Mali, terre de justice archaïque

 

Dans la nuit du 5 avril 2014, aux environs de 4 heures du matin, la résidence de l’ancien président Alpha Oumar Konaré fut l’objet d’une attaque par des individus armés. Les présumés assaillants au nombre de 4, ont comparu le vendredi 16 octobre pour répondre des faits à leur reprochés. Si, au terme des débats, la cour a prononcé 2 condamnations et 2 acquittements, ce procès, fut l’occasion pour nous de constater toute l’approximation dans la conduite des enquêtes au Mali.

 
En effet, tout au long des débats, la foule venue assister au procès s’est très vite rendue compte que les accusés reconnus coupables, l’ont été sur la base de simples suspicions. A, aucun moment, la preuve matérielle de la culpabilité des accusés n’a été brandie à la barre par le ministère public. Les seuls arguments avancés par les enquêteurs et soutenus à la barre par le ministère public, selon nous ne devraient pas être reçus par la cour. Sur la base d’un numéro de téléphone retrouvé sur le corps d’un assaillant qui avait été abattu par les agents de sécurité du domicile de l’ancien président, conduit au frère du défunt. Celui-ci est interpellé avec certaines personnes proches du défunt.

 

Tous les interpellés, ont bien évidemment nié les faits. Cependant, ils seront tous placés sous mandat de dépôt, sans preuve irréfutable. Cette affaire et bien d’autres viennent prouver que nos services d’enquêtes sont à des années- lumière des nouvelles techniques d’enquêtes. La loi est claire : le juge d’instruction et les éléments de la police chargée d’élucider les crimes, sont chargés d’apporter les preuves à charge et à décharge. Même, l’aveu ne semble plus être considéré comme une preuve.

 

Le gouvernement d’une part, est en partie responsable de la situation des innocents qui croupissent en prison. Dans un pays, où, des milliards sont détournés par des cadres véreux, quelques milliards pour niveler le niveau des enquêteurs ne doit pas poser problème. D’autre part, les enquêteurs, dans le souci de paraitre performant aux yeux de la hiérarchie ramassent tout ce qui passe par là, au moment du crime. Notre police n’est pas aujourd’hui capable de relever le moindre indice sur le lieu d’un crime susceptible de confondre un accusé.

 

La majeure partie des accusés sont jetés en prison sur la base de suspicions ou de témoignages recueillis après torture. Quant aux juges d’instructions, leur empressement à placer sous mandat de dépôt tout prévenu, atteste de leur mépris du principe qui dit que l’emprisonnement est l’exception et la liberté le principe. Tout le monde semble avoir pris le train du progrès avec ses méthodes modernes, mais le système judicaire malien, quant à lui, est resté à quai.

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14. oct.
2015
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Personnes portées disparues : que disent la loi et la religion ?

Le drame survenu à Mina le 24 septembre dernier a causé plusieurs morts, blessés et portés disparus. A Bamako selon les autorités le bilan des victimes maliennes s’élève à : 119 morts, 6 blessés et 246 disparus. Si les parents des pèlerins officiellement décédés ont fait leur deuil, ceux des personnes portées disparues sont dans l’inquiétude. Il nous a été donné de constater que dans certaines familles de pèlerins portés disparus, la guerre a commencé au sujet de leurs biens. Nous avons ainsi décidé d’enquêter sur ce que la loi dit sur le porté disparu et de son héritage. Qu’est-ce qu’un porté disparu ? Que dit la loi civile et religieuse de la gestion de ces biens ? Voici autant de questions que nous avons posées à un spécialiste du droit et de la religion.

Le cadre juridique de la disparition

Selon, Aliou Badra Nanacassé, magistrat et conseiller à la cour d’appel de Bamako, la disparition est réglementée au Mali par la loi N° 087 du 30 décembre 2011, à travers le code de la famille et des personnes. De cette loi, aux dires de Nanacassé, 2 notions se dégagent : la notion d’absence et celle de la disparition proprement dite.

La présomption d’absence

En ce qui concerne l’absence, Aliou Badra Nanacassé dit qu’elle est repartie, elle aussi en 2 notions : la présomption d’absence et l’absence proprement dite. Au terme de la loi, il y a présomption d’absence quand un individu cesse de paraître à son domicile connu depuis plus de 3 ans. Cette présomption d’absence doit faire l’objet d’une déclaration au près le tribunal civil du dernier domicile connu du présumé absent par toute personne qui en a intérêt (épouse, enfants, collaborateur, etc.).
Cette déclaration sera ensuite communiquée au procureur qui ouvrira une enquête. Si au bout de l’enquête, le présumé absent reste introuvable, le président du tribunal peut designer un ou plusieurs parents ou alliés, ou, le cas échéant, toutes autres personnes pour gérer tout ou une partie de ses biens, y compris exercer la tutelle sur ces enfants mineurs. Cependant, les personnes désignées peuvent être remplacées par le juge si elles ne gèrent pas convenablement les biens du présumé absent.

L’absence proprement dite

Toujours selon notre interlocuteur, si trois autres années passent sans que le présumé absent ne reparaisse, on parle maintenant d’absence proprement dite. Ici encore, une déclaration d’absence est introduite toujours au près du tribunal du domicile de l’absent. Le parquet à qui la déclaration est transmise ouvre une enquête supplémentaire. Si, cette enquête ne permet pas de retrouver la personne déclarée absente, le président du tribunal rend un jugement déclaratif d’absence. Cette déclaration sera transcrite dans le registre d’état civil, avec le même effet qu’un acte de décès. C’est seulement après ce jugement déclaratif d’absence que la porte est ouverte à la succession : le partage de l’héritage aux ayants droit, la constatation du divorce, etc. Et si la personne déclarée absente réapparaît ? Le magistrat dira qu’elle pourra récupérer ses biens sauf ceux partagés. Quant au divorce, il reste consommé.

Et la disparition ?

Au vu de la loi, le disparu est la personne qui a cessé de paraitre à son domicile suite à des événements de nature à mettre sa vie en danger (tremblement de terre, inondation, bousculade, etc.), alors que même son corps n’a pas été retrouvé. Au sujet de la disparition, Aliou Badra Nanacassé explique que là-bas aussi, la disparition peut être déclarée par requête du procureur de la République ou par toute autre personne intéressée, peut importe le lieu de la disparition. Si le tribunal estime que le décès n’est pas confirmé, il peut demander un complément d’information auprès du pays où l’accident a eu lieu. Ensuite, il est rendu un jugement de déclaration de décès qui est applicable à tous. Cet acte qui est transcrit dans l’état civil a valeur d’acte de décès.
« A partir de cet instant, la succession du disparu est ouverte. L’héritage est partagé en fonction de la coutume des intéressés », a affirmé Aliou Badra Nanacassé. Si le disparu réapparait, le procureur de la République, l’intéressé ou tout individu peut poursuivre l’annulation du jugement. Dans le cas précis de la bousculade de Mina, notre interlocuteur estime que les déclarations de disparition ne pourront être reçues qu’après le bilan définitif des autorités saoudiennes, repris ensuite par celles du Mali.
Pour l’instant, les recherches continuent et tous les pèlerins n’ont encore officiellement quitté le territoire saoudien. Donc, à en croire Aliou Badra Nanacassé, dans le cas précis de la bousculade de Mina, à cette étape, personne ne peut prétendre s’attaquer à l’héritage d’un porté disparu.

Que dit la religion ?

La religion musulmane que nous pratiquons traite aussi la question de la disparition. Selon Bakary Almamy Coulibaly, maitre coranique à M’Péssoba, si une personne est déclarée disparue ou absente, aucune action ne doit être entreprise en ce qui concerne l’héritage avant 4 ans. A en croire notre interlocuteur, c’est après avoir patienté pendant 4 ans que la famille peut procéder au partage de l’héritage du disparu. En ce qui concerne l’épouse du disparu, s’il en a une, elle doit à partir de la 4e année de la disparition de son époux, observer les 4 mois et 10 jours de deuil. Après cette étape de deuil, le divorce est officiellement constaté. Elle bénéficie aussi de sa part d’héritage conformément à la religion. Comme dans le cas de la loi civile, si le disparu réapparait, il ne pourra rien prendre à son épouse remariée. Cependant, il pourra récupérer les biens non partagés.

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C’est la vraie marque d’un philosophe que le sentiment d’étonnement

Auteur·e

L'auteur: Guindo Abdoulaye
Je me nomme Abdoulaye Guindo, diplômé de l’École Normale Supérieure, option Philosophie. J’évolue déjà dans le domaine du journalisme. Cependant, la ligne éditoriale du journal m’empêche d’écrire certaines choses qui pourtant doivent être dénoncées, voila pourquoi,je me suis lancé dans le blog. J'espère ainsi contribuer à soigner l'image de mon pays.

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